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Revenus : La Bretagne dans le peloton de tête

Sur la carte de France des revenus, la Bretagne n'a plus grand chose à envier aux autres régions. Une enquête de l'Insee à partir des revenus déclarés par les ménages en 2004 montre que la région occupe désormais la 5 e place sur 22 pour le revenu médian. La Bretagne est par ailleurs la région la moins inégalitaire de toutes, celle qui présente l'éventail des revenus le plus resserré.

Les Bretons gagnent-ils bien leur vie ? Si on ne prend en compte que ce qu'ils ont déclaré au fisc au titre des salaires, pensions, retraites et bénéfices, ils ne sont incontestablement pas les moins bien lotis. Par unité de consommation (voir lexique), c'est-à-dire en tenant compte de la composition du ménage, le revenu médian des Bretons était de 15.644 euros en 2004. Ce qui veut dire que la moitié de la population vit dans un ménage qui a déclaré moins que cette somme et l'autre moitié dans un ménage qui a déclaré plus.

Le seuil des bas revenus plus haut qu'ailleurs

La Bretagne se classe au cinquième rang des régions derrière l'Ile-de-France, l'Alsace, Rhône-Alpes et Centre. Par rapport à une précédente enquête, elle gagne une place en passant devant la Franche-Comté. Compte tenu du poids énorme de l'Ile-de-France, ce revenu médian de 15.644 euros est légèrement inférieur au revenu médian de l'ensemble de la France (15.849 €) mais il est sensiblement supérieur à celui de la province. Autre spécificité de la région : le seuil de bas revenus des 10 % des ménages les plus modestes est sensiblement supérieur à celui de toutes les autres régions. Par unité de consommation, il se situe à 7.197 euros alors qu'il est de seulement 5.862 euros pour l'ensemble de la France métropolitaine. En clair et pour schématiser, les plus démunis en Bretagne le sont moins qu'ailleurs.

Une terre moins inégalitaire

Même constat pour les plus hauts revenus qui sont en Bretagne moins élevés que dans les autres régions : les 10 % des Bretons les plus aisés vivent dans un ménage qui déclare un revenu par unité de consommation supérieur à 29.168 € alors que ce seuil est pour France entière de 32.221 €. Même s'il existe des disparités de revenus importants à l'intérieur d'un même département ou d'une même ville (lire par ailleurs), la Bretagne est à l'évidence une terre bien moins inégalitaire que la plupart des autres régions. Entre les 10 % les moins aisés et les 10 % les plus riches, le rapport est de 4 contre 5,5 pour l'ensemble de la France. C'est, comme disent les statisticiens, le rapport interdécile le plus faible de toutes les régions françaises. A noter également que les jeunes bretons de moins de 30 ans ont un revenu médian supérieur à celui de l'ensemble des Français de cette catégorie. Même chose pour les 30 à 39 ans et les 50 à 59 ans. Par contre les 40 à 49 ans et les plus de 60 ans sont en léger retrait.

Plus de foyers imposés

Par ailleurs, la Bretagne est la région où le revenu médian des familles nombreuses - cinq personnes ou plus - est le plus élevé : 12.875 euros par unité de consommation contre 11.267 pour la France métropolitaine. Même l'Ile-de-France et l'Alsace font moins bien. Autre signe d'une amélioration relative de la position bretonne, la part des ménages imposés augmente. En 2004, 57,4 % des ménages ont payé l'impôt contre 56,8 % en 2002.

Des grands écarts malgré tout

Quel rapport entre Arradon dans le golfe du Morbihan et Trémargat dans les Côtes-d'Armor ? Aucun si ce n'est que la première affiche un revenu médian de 22.070 €, un des plus élevés de Bretagne, et que la seconde a l'un des plus bas (9.931 €). Deux communes et un grand écart qui illustrent la fracture entre un littoral de plus en plus riche car attirant des retraités aisés et un Centre-Bretagne en voie de paupérisation et de désertification.

Saint-Grégoire la plus riche

Ces communes riches du littoral ne présentent pourtant pas les écarts les plus importants. A Bénodet, la disparité des revenus n'est que de 4,6. Il est même plus bas à Fouesnant (3,9). Le constat est le même pour le littoral morbihannais : à Sarzeau le rapport est de 4,3, à Larmor-Plage de 4,2. L'explication : la hausse de l'immobilier a chassé de la plupart de ces communes les ménages les plus modestes. Relativement homogènes sont également les revenus des communes aisées péri-urbaines. A Saint-Grégoire, près de Rennes, l'écart n'est que de 3,91. Il est encore plus faible à Bohars (3,5). Ces villes sont devenues les lieux de résidence privilégiés des cadres.

Le cas de Guingamp

Les écarts de revenus les plus importants, on les trouve dans certaines villes centres moyennes, celles qui ont tendance à concentrer des ménages à faibles revenus. C'est le cas de Guingamp qui présente le plus grand écart des revenus en Bretagne (10,7). Non pas parce que les plus aisés sont très aisés mais parce que les revenus les plus faibles le sont encore plus qu'ailleurs. Dans cette ville, 10 % des ménages ont un revenu par unité de consommation inférieur à 2.533 € (moyenne bretonne : 7.197 €). A Morlaix l'écart des revenus est important (6,05). Si le revenu des 10 % les plus aisés est légèrement supérieur à la moyenne du Finistère, celui des 10 % les plus modestes est très inférieur (4.760 € contre 7.307).

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