Éleveur. De la Bretagne au désert d'Arabie
Allan Léon présente aujourd'hui ses trois étalons pur-sang arabes, lors de la grande parade des Haras d'Hennebont (56). De Plounéour- Ménez (29), dans les monts d'Arrée, où il est installé, l'horizon de ce jeune éleveur- entraîneur va du désert d'Arabie à la Malaisie.
A 23 ans, Allan Léon était déjà éleveur. Par passion, après avoir abandonné la prépa conduisant à l'école vétérinaire. Installé à Plounéour-Ménez, à deux pas du Roc'h Trédudon, près de Morlaix (29), il a fait du chemin depuis son premier cheval, acheté avec ses économies, à 16 ans. Car si les monts d'Arrée constituent son point fixe, son horizon est pourtant vaste : de l'Emirat de Dubaï à Bahreïn en passant par Brunei, un archipel près de la Malaisie. Eleveur-entraîneur et compétiteur, ce fils de professeur de Landivisiau (29) côtoie désormais des princes arabes passionnés de chevaux. Il a notamment travaillé une année à Dubaï, dans les écuries du cheikh Mohammed, grâce aux contacts de l'éleveur costarmoricain Yvon Ollivier. Prince héritier et premier ministre, cheikh Mohammed élève un bon millier de chevaux pur-sang arabes et poursuit un objectif : faire admettre les courses d'endurance comme sport olympique. « C'est le plus gros propriétaire de chevaux d'endurance et de chevaux de course sur le plat », explique Allan, admiratif. « Le cheval est sa passion depuis toujours. Il a vécu son rêve qui était de travailler aux Emirats », observe Sylvie, la maman qui, avec son mari, prend le relais auprès des 25 chevaux de l'Ecurie de Rungoat lorsque le fiston parcourt les Emirats. C'était le cas cet hiver. L'hiver précédent, c'est aux écuries royales de Malaisie qu'il a travaillé pour aider l'équipe nationale à préparer les jeux équestres mondiaux. Il n'y a pas qu'au foot où les compétences des entraîneurs français sont appréciées à l'étranger... Il n'est donc pas exclu que le roi de Malaisie, fan des courses d'endurance en Europe et en France, fasse un détour un de ces matins par Plounéour-Ménez. Allan prépare aussi des chevaux pour Abdul, un compétiteur du richissime sultanat de Brunei, voisin de la Malaisie. Le 23 mars, ce dernier disputera les 120 km d'endurance de Huelgoat (29).
Buveurs de vent
Le jeune homme est intarissable sur les trois étalons pur-sang arabes de son élevage : Essafi, Anthelios, Akabad. Ce dernier est fils de Kalem, un étalon arabe très coté des Haras d'Hennebont . Deux étalons sont sa propriété et celle de son amie Morgane Schambourg, une Guidéloise, aujourd'hui vétérinaire à Dubaï. « Ce sont des chevaux très endurants, faciles à manier, proches des hommes et très intelligents. Ils sont issus d'une sélection naturelle faite au fil des siècles par les bédouins lors des radias (razzias) des cavaliers dans les déserts d'Arabie. Ne dit-on pas que le bédouin du désert est plus proche de son cheval que de sa femme », remarque Allan. Des chevaux du désert, buveurs de vent, dont la descendance a souvent du charme, de la noblesse et de la puissance. Sélectionnés pour leur génétique, leurs performances sportives, ces pur-sang donnent naissance à une trentaine de poulains chaque année. La station de monte de Landivisiau, proche de son élevage, permet à Allan d'expédier la semence réfrigérée, en 24 heures chrono, partout en France.






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