Salon de l'agriculture. A la conquête de Paris !
Mercredi prochain sera le Jour J pour Fernand Jaouen, agriculteur à Gourin, et son fils, Mathieu. Ils présenteront au concours général du salon de l'agriculture, à Paris, le fleuron de leur élevage : Queen du Crann.
Le cheval ne rend plus les mêmes services qu'autrefois dans les fermes bretonnes. Mais la complicité qui unit les hommes et leurs chevaux restent intacte. Cette complicité fait plaisir à voir chez les Jaouen, père et fils, qui entourent leur championne de toutes les attentions en prévision du Jour J. Depuis plus d'un mois, Queen du Crann n'a plus le droit d'aller dans les pâtures avec ses copines et les vaches de la ferme. Elle a sagement été mise à l'abri dans son box avec la radio en bruit de fond. « On l'habitue progressivement à l'ambiance du salon. Avec le bruit et la foule, beaucoup de chevaux tombent malades à Paris, à cause du stress. C'est donc très important de bien la préparer. Le fait de rester à l'intérieur lui permettra aussi d'avoir un poil plus fin », explique, très professionnel, Mathieu.
Papa « au fouet »
Sur le ring parisien, c'est Mathieu qui aura la pouliche en main et qui la présentera au jury, après diverses démonstrations de pas et de trot. Le papa sera « au fouet », derrière, pour « l'éveiller ». Un vrai travail d'équipe pour cette famille de passionnés qui participent à tous les concours de la race. « On amène deux bêtes en moyenne par an au concours régional », explique Fernand, qui a transmis à son fils sa passion de la sélection génétique et des concours. Toujours à la recherche des meilleurs reproducteurs. « Notre objectif est de rentrer dans les critères de sélection de la race : l'allure, la distinction, les grandes oreilles dégagées et l'oeil vif », commente Mathieu.
Délégué vétérinaire
Pour Fernand, le cheval breton est une activité complémentaire de l'exploitation. Il est, avant tout, naisseur-engraisseur de vaches allaitantes. Mathieu, qui est délégué vétérinaire... en Provence-Côte-d'Azur tout en préparant une formation de cadre commercial à Paris, est, à vrai dire, très peu souvent à la ferme. Quand il rentre, tous les quinze jours, c'est « pour voir sa copine et s'occuper des chevaux ». « J'aurais bien aimé travailler dans des haras. Mais ça ne recrute pas beaucoup ». « Il a pris une semaine de congé pour présenter sa star à Paris ». « J'avais prévenu mon employeur dès qu'elle a été sélectionnée. Pour rien au monde, j'aurais loupé cela », conclut-il, sous l'oeil approbateur de son père.
On recense environ 15.000 chevaux bretons en France et 3.100 éleveurs dont 1.420 en Bretagne.
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Veaux, vaches, cochons et... volailles
Le 44 e salon international de l'agriculture débutera, demain, au Parc des expositions, porte de Versailles, à Paris, et durera jusqu'au dimanche 11 mars. Durant cette grosse semaine, il accueillera plus de quatre-vingts pays étrangers dont, pour la première fois, le Japon, la Russie et la Syrie. Beaucoup de Français seront présents, comme Gilles Lafon, éleveur dans le Cantal et son frère Eric, qui préparent un taureau de race Salers Ulrich qu'ils souhaitent faire concourir. Au total 1.120 exposants seront présents sur une superficie de 138.000 m².
La nuit de l'agriculture
Le salon, qui sera inauguré demain par le président Jacques Chirac, sera ouvert au public tous les jours, de 9 h à 19 h. Une « Nuit de l'agriculture » aura lieu le vendredi 9 mars, de 19 h à 23 h. Plus de 3.000 animaux, dont les volailles qui effectuent leur retour après une absence d'un an pour cause de grippe aviaire, seront, une nouvelle fois, parmi les principales attractions de la « plus grande ferme de France ». La litière et la nourriture des animaux représentent 230.000 kg de paille, 1.080 bottes de tourbe, 4.000 kg de foin, 215 bottes de copeaux et 280.000 kg de fumier. Cette année, le prix d'entrée a été fixé à 12 €, avec des réductions pour les groupes (minimum 15 personnes) et les comités d'entreprises notamment, les enfants de six à douze ans et les lycéens agricoles. L'entrée en gratuite pour les moins de six ans.






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