Eugène Guillevic
Né à Carnac (56), Guillevic reste un très grand poète.
1942. C'est vers l'action que le poète aux mains nues mais à la vue immense est entraîné. Sous le pseudo de Serpières, Guillevic livre ses rimes à "l'Honneur des poètes", recueil de poésies collecté par Eluard et qui rassemble ceux qui disent non aux occupants allemands : Vercors, Aragon, Tardieu, Desnos...
Cette année-là, Guillevic, poète tardif, publie aussi son premier livre : « Terraqué ». Aujourd'hui traduite dans quarante langues et soixante pays, la poésie de Guillevic creuse un double sillon dans son engagement aux côtés du Parti communiste (1942-1980) et dans la terre bretonne, à laquelle il demeure fidèle.
- C'est qu'il y est né, à Carnac. Et son départ précoce vers le Nord puis l'Alsace le coupe peut-être du breton mais pas de la Bretagne. Il s'en rapproche d'ailleurs en 1935, en se fixant à Paris. Inspecteur de l'Economie nationale, Guillevic en veut pourtant plus aux mots qu'aux chiffres. « Les mots, les mots ne se laissent pas faire comme des catafalques. Et toute langue est étrangère... »
Un chat, un chat
- Les mots, les vers, il les aime nus, dépouillés comme la lande bretonne. Chez Guillevic, ni « merveilleux nuages », ni anecdote, ni métaphore : la poésie tend vers un matérialisme épuré. On y appelle une pomme une pomme : « Il y aura toujours dans l'automne, Une pomme sur le point de tomber. Il y aura toujours dans l'hiver, Une fontaine sur le point de geler. L'ennemi, Nous le connaissons».
L'ennemi pour Guillevic, c'est la mort -omniprésente dans son ?uvre- et ceux qui la donnent. Pas question alors de capituler, et, pour se battre, il y a les mots qu'avec obstination Guillevic déroule en hommage aux êtres, à la terre et ses choses.
Cette réalité dont jamais il ne s'affranchit, pour toujours plus de poésie terrestre et humaine.
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Pratique
Les dates clés
1907, 5 août : naissance à Carnac
1909 : suit son père gendarme dans le Nord
1942 : Terraqué
1947 : Exécutoire
1952 : Terre à bonheur
1961 : Carnac
1976 : Grand Prix de poésie de l'Académie française
1984 : Grand prix national de la poésie
1989 : Art poétique
1997, 19 mars : meurt à Paris.
Pour en savoir plus
- Sur internet : de Baudelaire à Guillevic,
http://www.lecture.org/Actes/AL55/AL55P17.html
- Alire : Guillevic et sa Bretagne, de Maria Lopo, PUR (2004)
Le cri du chat-huant chez Guillevic, de Bernard Fournier (éd. L'Harmattan-2002).
- A voir : Carnac (56).







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