samedi 21 octobre : Steren
Bretagne.com Culture bretonne Bretons d'aujourd'hui Irène Frachon. Bretonne de l'année en 2010

SORTIES en Bretagne

VACANCES en Bretagne

METEO en Bretagne

PARTAGEZ votre Bretagne

FORUM derniers posts

Irène Frachon. Bretonne de l'année en 2010

Fini l'affaire du Mediator? Irène Frachon n'en est pas si sûre. Celle qui a fait éclater le scandale aurait pu déposer les armes. Baisser la garde. C'est mal connaître cette incorrigible révoltée, élue, en 2010, Bretonne de l'année par la rédaction du Télégramme.

Sa colère est intacte. Toujours en embuscade, prête à jaillir derrière un sourire ou un éclat de rire. Son dernier coup de sang? Une photo prise dans une pharmacie de la capitale birmane. On y voit une grande publicité vantant deux produits phares du groupe Servier. «Dans un pays comme la Birmanie, vendre des médicaments pour la fatigue légère et les jambes lourdes, c'est une honte!», s'enflamme la pneumologue brestoise.

Une vigie, un symbole

Elle est comme ça, Irène Frachon. Insoumise, révoltée. Femme de convictions. Femme en colère, résistante. Pugnace et déterminée. Les laboratoires Servier et l'Agence française du médicament (ex-Afssaps) en savent quelque chose.

Elle n'est pas seulement celle qui a donné l'alerte et fait vaciller l'un des géants français de l'industrie pharmaceutique. Avec le Mediator, la pneumologue brestoise est devenue plus que ça. Une vigie, un label. Un ultime recours. Un symbole pour tous ceux qui ont la fibre citoyenne et militent pour «une juste cause».

Depuis que le scandale a éclaté, tout le monde la veut à ses côtés. Associations, partis, mouvements engagés, artistes, plateaux télé... Face à cette déferlante, Irène Frachon tente de «circonscrire». «Ma légitimité n'existe pas en dehors de la sphère du Mediator», répète-t-elle inlassablement. Prudente, elle observe «une neutralité politique absolue». Évite les récupérations. «Même l'église de Scientologie a essayé de m'embarquer!».

Pour le reste, elle ne refuse jamais de témoigner. Dans les facs, à Sciences-Po, dans les conseils de l'Ordre, auprès de parlementaires, dans les cercles de réflexion et les médias... Elle multiplie conférences, débats et écrits. «Je ne pouvais pas dire "Le Mediator a causé au moins 500 morts", et m'en aller».

Jusqu'au bout

Irène Frachon fait le job. Jusqu'au bout. Elle fait circuler l'information. Alerte les médias sur le parcours du combattant imposé aux victimes du Mediator, quand l'une de ses patientes fait un arrêt cardiaque à la suite d'une éprouvante expertise judiciaire. Sonne l'alarme quand une ancienne experte des laboratoires Servier est promue à la nouvelle agence du médicament.

Elle ne rate pas non plus une réunion du comité de suivi Mediator, au ministère de la Santé. Continue à échanger avec Xavier Bertrand, dont elle loue «l'exemplarité». «C'est souvent le vendredi soir. Lui quand il est sur le trajet de sa mairie. Moi, quand je reviens de l'hôpital de Carhaix (29)». Chacun ses racines. Irène Frachon reste chevillée à son métier de médecin. Elle était volontaire pour Carhaix, où elle consulte deux vendredis par mois. Carhaix, la résistante, petite ville du Centre-Bretagne qui s'était battue pour la survie de son hôpital.

Encore un symbole. Mais dans cette affaire du Mediator, rien n'est acquis. Certes, ce qu'Irène Frachon dénonçait a été officiellement reconnu. Le Mediator a été retiré. Les patients ont été avertis et sont suivis. Un premier procès, rapide, est annoncé. Une loi sur le médicament a été adoptée. Fin de l'affaire? «Je ne peux pas affirmer aujourd'hui qu'un nouveau scandale est impossible, tranche Irène Frachon. Il est encore trop tôt». La victoire est fragile, la paix précaire. «Le système a été profondément ébranlé mais, en même temps, on sent depuis quelques mois qu'il cherche une parade», s'inquiète-t-elle.

«Des attaques misérables»

On assiste même à une violente contre-offensive des lobbies de l'industrie pharmaceutique et des acteurs du médicament. Pour preuve, ces remises en cause, souvent anonymes, trouvées sur internet. «Des boules puantes, des attaques misérables» auxquelles elle ne répond pas.

Elle hésite pourtant. Craint toujours que cela finisse par faire naître un doute sur la réalité du scandale, sur la souffrance des malades. Et cela, elle ne le supporte pas. Cela la met en colère. Une «révolte absolue», sincère. Elle saisit son téléphone portable. Livre les témoignages de victimes, qui racontent leurs souffrances mais disent aussi leurs espoirs.

Elle répond à tous. «Ce déni de réalité est insupportable. Il faut lever le sentiment d'impunité de Servier. Il faut dire l'incroyable mécanisme mis en place pour tromper tout le monde. Les victimes en ont besoin. Il faut aller vite. Certaines sont très malades. Et Servier a 89 ans...».

Hervé Chambonnière

Bretons d'aujourd'hui

les autres articles

Nolwenn Leroy. L'audacieuse ambassadrice

Nolwenn Leroy, élue «Bretonne de l'année» par les internautes sur le site d...

Laury Thilleman. Une vie de princesse

Cette année, Laury Thilleman, 20 ans, a été choyée, couverte de cadeaux. C'...

Pratique

Découvrez d'autres Bretons d'aujourd'hui, leur simplicité, leur charisme, qui font de ce pays une région de caractère !

Partagez vos commentaires sur notre forum et rejoignez nous sur Facebook.

Commentaires pour Irène Frachon. Bretonne de l'année en 2010

Il n'y a actuellement aucun commentaire pour Irène Frachon. Bretonne de l'année en 2010



En ligne 867 visiteurs / 0 membre - Mis à jour le samedi 21 octobre 2017

Crédits : Réalisation Le Studio T sous eZ publish

Photo (panoramique fond de page) : Photographe Christophe ALLAIN