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La Bretagne fête la musique tout au long de l'année au cours de très nombreux festivals. Les vieilles charrues à Carhaix, Les terre-neuvas à Bobital, Le bout du monde à Crozon, l'Interceltique à Lorient......

Une constante : « Dès septembre, on repart à zéro », explique Jacques Guérin, qui gère le festival du Bout du Monde, à Crozon. Ce que confirment Jean Philippe Quignon et Jean-Jacques Toux, chargés de la programmation pour les Vieilles Charrues, à Carhaix, ainsi que Didier Guenroc et Pierrick Benoit, pour les Terres-Neuvas, à Bobital.

« La variété nous réussit »

Tous fonctionnent selon leurs goûts et envies mais surtout, en fonction de la réussite du festival. C'est sans doute plus simple pour Jacques Guérin, axé sur les musiques du monde, que pour Les Charrues et Terres-Neuvas dont la diversité des genres fait la renommée et l'affluence. « On n'est pas là pour se faire plaisir. On est un festival d'ouverture avec des styles susceptibles de faire plaisir à des publics différents, d'Aznavour aux Klaxons », explique Jean Philippe Quignon. « On dit que les Terre-Neuvas, c'est de la variété, mais ça nous réussit », confie Didier Guenroc. « Cette année, Tokyo Hotel est une sacrée locomotive pour les réservations. En plus, ce n'est pas de la variété, ça fait crier les minettes, mais c'est carré et ils ont du talent. On les suit depuis un an et demi ».

Jusqu'à Austin

Les uns et les autres, par ailleurs dévoreurs de CD et DVD, ne comptent pas leur temps pour aller voir sur scène les artistes émergents. Ils fréquentent les festivals européens mais aussi les salles de concert et les bars. Les « pisteurs » des Charrues vont même jusqu'à Austin (Texas), la Mecque du rock où se produisent 2.000 artistes en une semaine ! « Avant de retenir un groupe, on va le voir sur scène, car jouer devant 50.000 personnes n'est pas inné. On a reculé certaines programmations, pour ne pas envoyer un groupe au casse-pipe », affirme Jean Philippe Quignon.

Du choix sur catalogue aux rencontres

Une fois la programmation adoptée, il faut « faire son marché ». Le choix est vaste parmi les centaines de CD qui arrivent chaque semaine à Carhaix ou Bobital. Mais les élus sont rares : « On a parfois un coup de coeur, comme K'naan, mais c'est l'exception ». De fait, tous traitent avec les tourneurs. « Au fil des ans, nous avons établi des relations de confiance, souligne Jacques Guérin, ce qui nous permet des rencontres de rêve comme La Route des Fils du Vent avec les Gitans Dhoad ». Mais il ne suffit pas de piocher dans le catalogue. Encore faut-il qu'il existe une tournée et que l'artiste soit disponible . Sans oublier le facteur humain : « C'est impossible de faire venir les Chemicals Brothers car les Charrues tombent au moment de l'anniversaire du fils d'un des musiciens ! ».

Cachets trop lourds

Reste le facteur « cachets ». D'autant plus essentiel qu'ils pèsent lourd dans les budgets et qu'ils ont explosé, ces dernières années. « On se trouve face à la concurrence de festivals internationaux qui ont dix fois plus de moyens que nous, certains étant rachetés par des maisons de disques », déplorent les Bretons. « Il faut qu'on se concerte entre festivals de l'Ouest pour enrayer le phénomène et avoir plus de poids », estime Didier Guenroc. « Il faudra aussi qu'on augmente nos tarifs, sinon, on va tous tomber, un jour ou l'autre, sachant que c'est le public, à 90 % qui paye les festivals. Ou alors, on se contentera d'une ou deux têtes d'affiche avec des groupes émergents ». Quatre ou cinq euros de plus par billet : le prix à payer pour conserver des festivals d'exception en Bretagne.

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En ligne 523 visiteurs / 0 membre - Mis à jour le lundi 23 octobre 2017

Crédits : Réalisation Le Studio T sous eZ publish

Photo (panoramique fond de page) : Photographe Christophe ALLAIN