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Des plantes sous haute protection

Depuis 1982, il existe des listes de plantes protégées en France. « Beaucoup trop », disent certains ; « un outil indispensable », répondent les autres.

Depuis quelques années, les plantes protégées ont mauvaise presse auprès de certains élus et aménageurs. N'a-t-on pas vu de misérables droseras bousculer le programme architectural du Centre universitaire de Quimper et une microscopique fougère verdâtre détourner une rocade à Landerneau ? Comment l'Etat a-t-il pu accepter que des listes nationales et régionales soient dressées ? Comment l'Europe a-t-elle pu contribuer à compléter le dispositif ?

Principes de précaution...

Avant même que les termes ne soient rentrés dans notre vocabulaire, le « principe de précaution » a justifié la protection de certaines espèces identifiées, aux niveaux national ou régional, comme rares et/ou menacées. Non seulement ces plantes sont une richesse patrimoniale mais elles peuvent recéler des molécules ou des gènes qui serviront un jour à l'humanité. Comme nous ignorons ce que nous réserve l'avenir et, qui plus est, le dérèglement climatique, il importe de protéger chaque lieu où des espèces menacées et fragiles se maintiennent.

Protéger les milieux

Toutefois, certains sont choqués de ce que des plantes soient protégées alors qu'elles semblent abondantes en certains lieux et nullement menacées en tant que telles. Notons d'abord que même si une plante peut être abondante localement, elle peut être rare à l'échelle d'un territoire plus vaste. La protection de certaines plantes permet aussi, par exemple, de contribuer à la protection de milieux rares comme les tourbières, dans la mesure où il n'existe pas encore de listes de biotopes protégés. L'Europe a, cependant, commencé à combler ce manque d'outil de protection pour les milieux, notamment à travers la directive Habitat : elle vise à mettre en place des plans de gestion pour maintenir ou restaurer certains milieux.

S'informer

  • En effet, ce n'est pas tant la cueillette qui présente des risques, dans la majorité des cas, mais les aménagements et modifications des milieux. C'est pourquoi il est essentiel, aujourd'hui, que les collectivités locales disposent d'inventaires précis de leur patrimoine naturel et en tiennent compte dans leurs schémas d'aménagement. C'est généralement parce qu'on privilégie une vision purement économique et à court terme que l'on perçoit négativement l'existence des plantes protégées.

C'est souvent par manque d'information, de concertation et d'imagination que l'on entre dans des conflits inutiles.

En voie de disparition....

  • Parmi les 1.664 plantes "supérieures" bretonnes recensées en 1996 (les algues, les mousses et les lichens ne sont pas pris en compte), 334 (20 %) sont considérées en voie de disparition dans leurs localités. Parmi celles-ci, 37 plantes à fleurs et fougères sont jugées prioritaires en Bretagne en raison de leur très haute valeur patrimoniale.
  • Elles font donc l'objet d'un plan de sauvegarde et sont suivies par le Conservatoire Botanique National de Brest. Ces 37 espèces se répartissent inégalement sur le territoire régional mais les trois-quarts de ces plantes sont littorales (carotte de Gadeceau, aster d'Armorique, etc.) voire ne se rencontrent que dans les îles (narcisse des Glénans, linaire grecque).

Grâce aux campagnes d'inventaire, de nouvelles localisations de plantes sont découvertes chaque année, améliorant ainsi les connaissances botaniques régionales.

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Les conservatoires botaniques au service de la biodiversité

  • Le premier Conservatoire botanique national a été créé en 1990; ils sont huit aujourd’hui et doivent, à terme, couvrir l’ensemble du territoire français. La mission de ces établissements publics est d’assurer un suivi scientifique de la flore et des habitats naturels et de préconiser des mesures de protection. Ils ont aussi une mission d’éducation et d’information.
  • Le Conservatoire Botanique National de Brest assure, entre autres, ces missions pour la Bretagne, les Pays de la Loire et la Basse-Normandie. 52, allée du Bot, 29200 Brest, tél. 02.98.41.88.95.
  • Pour en savoir plus
    Un livre : " Inventaire des plantes protégées en France ", de Danton et Baffray (éd. Nathan-1995).
    Un site avec les listes des plantes : www.mnhn.fr/mnhn/cbnbp/flore/textes/cadre.htm

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En ligne 584 visiteurs / 0 membre - Mis à jour le vendredi 3 septembre 2010

Crédits : Réalisation Le Studio T sous eZ publish

Photo (panoramique fond de page) : Photographe Christophe ALLAIN