Océans. De l’énergie à revendre
5.500 milliards d’euros ! C’est le coût du réchauffement climatique pour l’économie mondiale si les gouvernements ne prennent pas des mesures radicales au cours des dix prochaines années . « La tâche est urgente ! » prévient Nicholas Stern, auteur d’un rapport commandé par la Grande-Bretagne. Tony Blair a ainsi appelé tous les Etats à réagir, en développant les énergies renouvelables et en se tournant notamment vers la mer. Un domaine vers lequel la France avance à petit pas.
Malgré ses quelque 5.000 kilomètres de côtes, la France tarde à définir une politique en matière d'énergies d'origine marine. Au risque de voir d'autres pays, comme la Grande-Bretagne, rafler la mise. Et pourtant les océans, qui couvrent 70 % de la surface du globe, ont de l'énergie à revendre. La houle, les courants de marées, les courants océaniques, les différences de pression et de températures entre les différentes strates des mers peuvent tous être harnachés pour fournir de l ' électricité. Pour l'instant, seules les deux premières options peuvent déboucher rapidement sur des projets viables. On peut y ajouter l'installation d'éoliennes en mer, un secteur très développé au Danemark et en Allemagne. Quant au potentiel des usines marémotrices, dont la France est leader mondial avec son barrage de la Rance, il reste limité en raison de l ' impact sur l' environnement et du faible nombre de sites capables d ' accueillir ces installations.
La Grande-Bretagne loin devant
Pour toutes les autres technologies, on assiste à une ébullition de projets : une trentaine ont été recensés dans le monde. Le défi désormais : passer à l ' étape du prototype en mer et de l ' industrialisation. Et là, la Grande-Bretagne a une longueur d ' avance. Certes, « la ressource en énergies de la mer y est la meilleure qu ' on puisse imaginer » , souligne Jean-Louis Bal, directeur des énergies renouvelables à l ' Agence de l ' environnement et de la maîtrise de l ' énergie (Ademe). Mais , surtout, la volonté politique de développer la filière y est particulièrement forte. Nos voisins d'outre-Manche se sont fixé pour objectif de tirer 10 % de leur énergie de sources renouvelables d ' ici à 2010. Les Britanniques ont ainsi déjà vendu au Portugal trois exemplaires de leur Pelamis, sorte de serpent récupérant l ' énergie de la houle, dont l ' installation devrait intervenir d ' ici à la fin de l ' année. « C ' est le test que tout le monde va suivre avec beaucoup d ' intérêt » , note Michel Paillard, responsable de la veille technologique sur les énergies maritimes à l ' Ifremer. En France, les pouvoirs publics avancent à petits pas. L'Ademe a commandé à l ' Ifremer une carte des ressources énergétiques des côtes qui devrait être disponible ... mi-2007. Quant aux grands noms français de l'énergie, ils se sont contentés de prendre un ticket « pour voir » dans des projets ... étrangers : Total en Espagne et EDF en Grande-Bretagne. EDF prospecterait toutefois des sites en France pour étudier une éventuelle utilisation énergétique des courants côtiers.
En Grande-Bretagne, la volonté politique de développer les énergies maritimes est beaucoup plus forte qu'en France. Pour preuve, ces éoliennes
implantées au large de Whitstable, au sud-est de l'Angleterre, depuis cet été, alors que le premier projet français devrait voir le jour en 2008. (Photo AFP)







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