Plounéour-Trez, à l'heure des goémoniers....
Plounéour-Trez revêt régulièrement ses habits d'autrefois. Histoire de faire découvrir ou redécouvrir le travail des goémoniers qui peuplaient la côte nord-finistérienne jusque dans les années 1950 environ. Un franc succès qui a drainé toutes les générations vers la côte nord. Pour une grande fête populaire.
9h45. Ea s'agite à la ferme de Pierre Buors. Dans moins d'une heure, défilé et embarquement des goémoniers, à Beg-ar-Groaz. Au compte-gouttes, les bénévoles de l'association «Les goémoniers de Plounéour-Trez» débarquent. Tous sur leur trente-et-un : béret noir, pantalon court, souvent blanc, chemise à carreaux et gilet sans manche, sans oublier les sabots de bois. Le costume traditionnel des goémoniers. Les femmes portent la coiffe du pays.
Notre seul gagne-pain
Les petits, en costume également, s'enthousiasment dans le hangar, où les plus grands remplissent leur «Le cortège de coupeurs, faucilles à la main, et autres ramasseurs de goémon, est prêt à partir. Cheval en tête. Les spectateurs s'agglutinent autour des chemins. Jusqu'à la plage. Entre averses et éclaircies, chacune des quatre équipes, composées d'une quarantaine de goémoniers, embarque. Avec vivres, cordes, civières en bois (pour porter l'algue),? Direction : un des îlots, au large. Les hommes, accompagnés de quelques femmes, ne rentreront qu'en fin de soirée, avec leurs précieuses drômes(*).
Les vertus du goémon
Pendant ce temps, sur le continent, le non moins traditionnel «patates au lard» est servi aux spectateurs et à ceux qui n'ont pas pu prendre la mer. La fête bat son plein, même si le temps ne s'améliore pas vraiment. Qu'importe! Dès 14h, les animations démarrent. A commencer par le brûlage du goémon noir et des laminaires, dans un four fait de granit, creusé sur le haut de la dune. Et qui date des années 1800. Deux, trois, puis une vingtaine de curieux se massent autour de Francine : «On va allumer le feu avec des brindilles. Puis, mettre progressivement du goémon. Une fois brûlé, il se cristallise. Et forme un pain de soude». A l'époque, ce pain était envoyé en usine pour en faire de la teinture d'iode. «Le goémonier était payé par rapport à la teneur en sel du pain», continue la vice-présidente de l'écomusée de Plouguerneau. Une épaisse fumée blanchâtre émane maintenant du four. Et envahit les badauds. Peu importe, il paraît que c'est bon pour les sinus!
(*) Tas de goémon de 15 tonnes environ, solidement entouré de cordes. Une fois dans l'eau, flottant comme un iceberg, la drôme permettait à deux goémoniers de monter dessus et de rejoindre la dune. A l'aide d'une longue perche en bois de six mètres, l'un d'entre eux dirigeait la drôme en évitant les rochers.







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