Bord de mer
Immobilier. Cher bord de mer
Les prix du littoral breton seraient-ils en train de s'assagir ? Il est encore trop tôt pour pouvoir l'affirmer, mais les premières impressions de l'immobilier estival semblent confirmer la tendance du marché à évoluer de manière plus raisonnable que par le passé.
Certes, la hausse se poursuit. Mais son rythme paraît désormais plus mesuré et se règle sur l'évolution générale de l'immobilier, voire en deçà selon les secteurs. Car il n'y a pas un, mais plusieurs marchés immobiliers côtiers en Bretagne : les prix moyens, qui vont du simple au triple selon les stations, n'évoluent pas tous de la même manière.
Les acheteurs attentistes
Sur tout le littoral breton, les notaires font la même observation : si le micromarché des demeures d'exception n'obéit toujours qu'à sa folie, les maisons plus ordinaires peinent à trouver preneur au prix demandé. Résultat : le stock de biens à vendre augmente, ce qui pourrait bien conduire les vendeurs à revoir un peu leurs prétentions à la baisse.
Qu'on ne s'y trompe pas : même si la liste des maisons en vente a tendance à s'allonger, l'offre demeure inférieure à la demande. Ce qui coince, c'est le prix. «Nous avons des biens à vendre, mais ils sont trop chers et ne partent pas», commente la négociatrice d'un office notarial de Perros-Guirec (22). «Ces dernières années, les vendeurs anticipaient sur la hausse des prix en surévaluant leur bien». Ils n'avaient pas tort, puisque ça marchait : «Les acquéreurs finissaient par céder, et payaient le prix au bout de deux ou trois mois». Mais aujourd'hui, le marché ne fonctionne plus comme ça. «Les acheteurs ne sont plus si pressés, ils préfèrent attendre en espérant que le propriétaire ait besoin de vendre et baisse son prix». Une patience qui commence à se révéler payante. «Nous avons déjà eu quelques baisses significatives des prix demandés», constate la négociatrice.
«Ça ne vaut pas ça !»
Même constat sur la côte la plus chère de Bretagne, de Quiberon à La Baule. «Le volume du marché ralentit», explique-t-on chez un notaire alréen. «Les prix demandés sont arrivés à un niveau tel qu'ils ne sont plus dans le marché. La plupart des gens ne peuvent plus acheter, et ceux qui pourraient ne veulent plus suivre l'inflation des exigences des vendeurs».
Pour ce négociateur, il y a une phrase-type qui revient comme un leitmotiv dans la bouche des candidats à l'achat : «On ne va pas tout de même pas mettre une somme pareille, ça ne vaut pas ça !».




