Immobilier - en attendant l'accalmie
Les dernières statistiques des prix bretons de l'immobilier, établies au 1 e r juin, font état d'une hausse record de 15 à 20 % sur un an. La dernière flambée avant l'accalmie ? C'est ce qu'annoncent -et espèrent- les notaires bretons, qui constatent un assagissement du marché depuis le début de l'été. Analyse et explications avec Pierre-Luc Vogel, président du Conseil régional des notaires.
Comment se traduit le ralentissement du marché ?
Pierre-Luc Vogel : Le comportement des acheteurs a changé. Ils sont bien informés, plus prudents, moins pressés, et moins nombreux. Là où un bien suscitait l'intérêt d'une dizaine de candidats, ils sont aujourd'hui 3 ou 4. La durée moyenne d'une transaction est passée de deux à quatre mois, le temps nécessaire pour que le vendeur révise ses prétentions à la baisse. Au cours des quatre derniers mois, le volume des ventes a baissé de 20 % environ. Nous pensons que l'augmentation des prix sur le 2e semestre pourrait tomber en-dessous des 10 %.
Quelles sont les causes de cette tendance vers le retour au calme ?
L'augmentation des taux d'intérêt a une incidence mais elle reste limitée, le coût du crédit demeurant raisonnable. La faible rentabilité du locatif, qui représente 10 à 15 % des achats dans l'ancien, dissuade certains investisseurs. Le marché était déjà peu spéculatif, il va l'être moins encore. Mais ce sont surtout les capacités financières des acheteurs qui approchent de leurs limites : les banques ne prêtent pas au-delà d'une charge de 33 % sur le revenu du ménage, et les refus de prêt sont de plus en plus nombreux.
La création prochaine de l'Etablissement foncier régional vous paraît-elle de nature à contribuer à la stabilisation ?
Il faut l'espérer. Depuis trois ans, nous attirons l'attention des pouvoirs publics sur les effets négatifs des augmentations des prix. Nous ne pouvrons que nous réjouir des initiatives facilitant l'accession des familles modestes, qu'il s'agisse du développement du potentiel de terrains à bâtir dans les communes, des maisons Borloo à 100.000 euros ou, en Bretagne des maisons à 50.000 euros lancées par le maire de Ploërmel.
Pour contenir le prix de ces pavillons de Ploërmel, les notaires ont renoncé à leurs honoraires. Comment le Conseil que vous présidez voit-il cette initiative ?
Nous sommes prêts à faire des efforts sur les frais notariés pour aider les collectivités dans leur politique du logement. Il ne faut pas le nier, nous avons été les bénéficiaires des fortes hausses de prix des cinq dernières années, et nous devons contribuer aux actions qui visent à assagir le marché.


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