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Fort-La-Latte. Pas la vie de château

Notre série d'été sur ces demeures bretonnes qui ont une âme se poursuit.

Direction Fort-La-Latte, à Plévenon (22), dont la fière et massive silhouette domine la mer, face au Cap Fréhel.

Depuis 33 ans, Isabelle Joüon des Longrais préside à la destinée du fort. Et ça n'a rien d'une vie de château !

« Je ne regrette rien. Quand mon beau-père est décédé, en 1980, nous ne nous sommes pas posés de question. Mais je me rends compte, tout de même, que nous étions inconscients quand nous avons accepté l'héritage de ce château », confie Isabelle Joüon des Longrais, maîtresse des lieux.

De fait, le Fort-La-Latte n'a rien du manoir d'agrément pour hobereau. Bâti il y a 700 ans, le château féodal de la Roche Goyon est né forteresse. Après avoir résisté à la guerre de Cent Ans, à la guerre de succession entre Charles de Blois et Jean de Montfort, puis à l'épisode sanglant et dévastateur de la Ligue, le château fort est devenu, au XVIIIe siècle, un élément essentiel de défense maritime, protégeant Saint-Malo des offensives britanniques.

Le fort fait son cinéma

La Roche Goyon aurait pu aussi faire la « une » de la presse « people » si tant est qu'elle eut existé, en 1715. Cette année-là, son seigneur, François-Léonor de Matignon épouse l'héritière de Monaco, Louise de Grimaldi.

Par ailleurs, malgré son caractère austère, le Fort-La-Latte cède, de temps en temps, à la coquetterie, comme décor de films : « Ridicule », « Les Chouans » ou l'emblématique « Les Vikings », avec Kirk Douglas. « Anecdotique », relève Isabelle Jouön des Longrais : « Cela m'a permis de rencontrer un monde d'apparences et d'argent facile, qui méprise souvent ceux qui n'en ont pas ».

Des travaux permanents

En tout cas, pas assez pour entretenir la rude bâtisse qui a subi l'outrage des ans et les assauts des hommes. « Nos salaires, moi de professeur, et de technicien agricole pour mon mari, ne nous permettaient pas d'entretenir un monument historique. Mais on a relevé le défi. Il nous semblait essentiel de perpétuer l'Histoire et de faire vivre une entreprise de sept salariés ».

Pas simple car, tel un navire, un fort réclame un regard de chaque instant pour anticiper les travaux, surtout dans un milieu aussi exposé et agressif. « Je suis en osmose avec le site. J'y vis six mois de l'année, notamment en hiver. Ça permet de le comprendre. Aujourd'hui, je sais quand et comment restaurer et quelle technique, quelle pierre utiliser. Désormais, quand je visite un monument, je peux dater sa restauration », affirme Isabelle de Joüon des Langrais, très critique à l'égard de l'utilisation du ciment dans les années 60. « Ça a sauvé le fort. Mais, le problème, aujourd'hui, c'est que ça retient l'eau. Il faut donc tout refaire à la chaux, comme autrefois ».

Reste, chaque année, à trouver le nerf de la guerre, en l'occurrence quelque 150.000 €. « L'État et les collectivités financent généreusement les travaux sur les murs. Pour l'intérieur, c'est à nos frais. Et là, on remercie le public ». Pas trop pesante cette présence ? « Ce n'est pas dérangeant. Ce sont des gens charmants qui apprécient les animations et le château.

On voit défiler la planète entière. C'est plaisant. Cela fait partie de notre quotidien. On le savait en prenant le château ». De même, la « châtelaine » affirme ne pas être dérangée par les... fantômes. « Malgré un passé parfois assez violent, je me suis toujours sentie bien, ici. Et ce dès la première nuit, malgré un fort orage. Je vis où vivait le seigneur, c'est un privilège.

En contrepartie, châtelain, c'est être pris tout le temps. En fait, c'est une vocation. Mais on n'a pas de mérite considérable. Nous ne sommes que des dépositaires du lieu ». Des dépositaires chargés de transmettre le témoin et un château en bon état. En améliorant, aussi, son attractivité. Un gros bélier sera ainsi bientôt installé devant le premier pont-levis.

« C'est sans fin, à l'échelle du temps et de l'Histoire. Comme le public, nous aussi ne faisons que passer... ».

Le Fort-La-Latte, lui, restera, bravant le temps, les éléments et la folie destructrice des hommes.

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Pratique

Envie d'une balade ? Retrouvez notre randonnée autour du Fort sur la côte du cap Fréhel.

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En ligne 646 visiteurs / 0 membre - Mis à jour le samedi 25 novembre 2017

Crédits : Réalisation Le Studio T sous eZ publish

Photo (panoramique fond de page) : Photographe Christophe ALLAIN