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Saint-Brieuc. Les trésors de Louis Guilloux

Au paradis des écrivains, Louis Guilloux est heureux : 33 ans après sa mort, sa résidence de Saint-Brieuc est devenue la « Maison du peuple » dont il avait rêvé.

Achetée il y a vingt ans par la ville, l'habitation n'a pas tourné la page de la littérature : ateliers d'écriture et résidences d'artistes accueillent auteurs, chercheurs, écoliers...

Au dernier étage, le bureau de l'écrivain briochin n'a pas changé depuis 1980. Près de la porte, l'affiche représentant la victoire du « Soldat de la Révolution », à Valmy, en 1792, annonce la couleur : « Ici, commence le pays de la liberté »... et donc celui de l'écriture.

Une liberté clairement revendiquée dans la vaste et lumineuse pièce, toujours animée de la présence du maître. Robe de chambre suspendue près du lit, pipes et paquets de tabac Caporal, poinçon au nom de son cordonnier de père sur la table... Pour un peu, on s'attendrait à voir Louis Guilloux sortir du petit cagibi où se cachent des raretés, tels les romans du Briochin traduits en russe, serbo-croate ou japonais.

Vue sur « Boeufgorod »

« Ici, on se sent comme sur la passerelle de commandement d'un bateau », confie Paul Recoursé, président des Amis de Louis Guilloux. À tribord, campagne et mer avec, l'hiver, le cap Fréhel en ligne de mire. À bâbord, la ville, le cimetière de l'Ouest et l'église Saint-Michel, rebaptisée « Boeufgorod » dans « Le sang noir ».

Mais, autour, quand Louis et Renée Guilloux s'installent au 13, rue Lavoisier, il n'y a que des champs. Ils y font construire une petite maison en pierre, bourgeoise mais simple. Louis Guilloux a connu le succès avec ses premiers livres mais c'est grâce aux revenus de Renée, professeur, que le couple a pu bâtir sa maison. Elle n'a rien d'un palace.

Sous les combles, pas de chauffage. L'écrivain écrit emmitouflé dans une couverture, les pieds dans un coffrage garni de moumoute. Le bureau ? Du simple contreplaqué. Le luxe, ce n'est pas le style de la maison. Fils de cordonnier, Louis Guilloux travaille comme pion pour payer ses études. Cette enfance pauvre est évoquée dans « Le pain des rêves ».

Il monte à Paris à l'âge de 20 ans. Le chemin de la reconnaissance - la publication de « La maison du peuple », en 1927 - est pavé de petits travaux de plume plus ou moins bien payés : chroniques, feuilletons, traductions (de Steinbeck, notamment).

Passeports pour la cité

Revenu au pays, le Briochin devient responsable du Secours rouge, pour l'accueil des réfugiés espagnols en 1935, aux côtés de la CGT mais, aussi, du pasteur Crespin et de l'abbé Vallée.

« Louis Guilloux était très ouvert. Il n'empêche que j'ai été surpris de rencontrer des curés dans son salon », raconte Paul Recoursé. « Dans les années 60, étudiant à l'École normale, je voulais faire une monographie sur son oeuvre. Il m'a invité un dimanche... Il a vu mon regard étonné et ça l'a beaucoup amusé.

En tout cas, c'est Louis Guilloux qui m'a véritablement éveillé à la littérature. Et ce n'est qu'après avoir lu " La maison du peuple " et " Compagnons, passeports pour la cité " que je me suis senti briochin », confie un Paul Recoursé toujours ému de trouver des trésors dans les innombrables caches et recoins.

Ami de Camus et de Malraux

Ainsi, la « une » de l'Express de janvier 1960, consacrée à la mort d'Albert Camus, « le coup de foudre existentiel » de Louis Guilloux, qui lui fit lire le manuscrit de « La peste ».

« Il y a eu des gens célèbres à passer dans ce bureau : Max Jacob, André Malraux... Le Briochin n'était pas un petit écrivain de romans de gare. Et s'il n'était pas un habitué des plateaux de télé, il était souvent invité à France Culture ». Juste retour des choses, le 13, rue Lavoisier vit aujourd'hui pleinement son rôle de maison du peuple et de la culture : « Les p'tits jeunes des quartiers sont impressionnés quand ils viennent ici, dans une vraie maison, en classe d'écriture ».

Quant au fonds d'archives acquis par la ville, il représente une vraie mine pour les chercheurs. Récemment, un professeur d'Oxford s'en est ainsi beaucoup servi pour préparer un colloque. De quoi mettre du baume au coeur de l'écrivain qui, quelque temps avant sa mort, écrivait, en voyant de sa fenêtre monter les tours de la cité du Plateau : « Je vois construire dans les champs de colza, la cité industrielle... bien loin de la cité future dont j'ai rêvé enfant ».

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En ligne 396 visiteurs / 0 membre - Mis à jour le mercredi 26 avril 2017

Crédits : Réalisation Le Studio T sous eZ publish

Photo (panoramique fond de page) : Photographe Christophe ALLAIN