
Un petit périple en Bretagne le temps d'un week-end ? 1,3 million d'habitants de l'Ouest ont répondu à cette invitation en 2005 et se sont livrés à 20 millions d'excursions. Un tourisme d'excursionnistes qui pèse 600 millions d'euros.
Qui sont les excursionnistes ?
Selon le comité régional du tourisme, qui a mené une étude sur le sujet avec l’institut TNS Sofrès, l’excursion est un déplacement d’une journée maximum, effectué à plus de 50 kilomètres du lieu de résidence, sur un site de loisir ou de visite. Ces escapades s’opèrent le plus souvent en famille ou en couple, à une petite heure de route, et s’improvisent un ou deux jours à l’avance selon la météo. Les Bretons sont de fervents adeptes de ce loisir : près du tiers des ménages s’y sont livrés en 2005 avec une belle assiduité puisqu’ils ont effectué en moyenne 17 sorties. Cet intérêt pour l’Armorique est partagé par les habitants de la Loire-Atlantique attirés surtout par leur « jardin » de Damgan et du Golfe du Morbihan, mai s aussi par Rennes et Saint-Malo. Si les trois-quarts des excursions en Bretagne sont le fait des Bretons eux-mêmes, les Ligériens (principalement les Nantais) représentent la quasi-totalité du reste. Les voisins bas-Normands sont en effet moins tentés qu’on aurait pu le penser, puisqu’ils ne pèsent que 5 % des excursions en Bretagne, presqu’exclusivement orientées vers Saint-Malo, Cancale et Rennes.
Combien dépensent-ils ?
Au bout du compte, ces balades auront généré l’an dernier 600 millions d’euros de dépenses, dont 290 millions d’euros de chiffre d’affaires pour les restaurants et crêperies de la région, et 150 millions de dépenses de carburant.
Où et quand voyagent-ils ?
Qu’il s’agisse des lieux ou des périodes, les excursionnistes fonctionnent comme les touristes. Ils privilégient les beaux jours, principalement les mois de juillet et août, et boudent les trois premiers mois de l’année. Logique : rien de tel qu’une longue et belle journée pour réveiller les envies de bouger et d’aller prendre l’air. Ils privilégient aussi le littoral, avec 81 % des destinations orientées vers la côte. Un chiffre qui atteint 92 % chez les habitants de la métropole rennaise, prompts à prendre leur voiture pour Saint-Malo ou le Golfe dès que le soleil de week-end pointe le bout de son nez. Contrairement à ce que l’on pouvait espérer, l’excursionnisme ne contribue ni à la désaisonnalité de l’activité touristique, ni au lissage de la circulation, ni au développement de la Bretagne intérieure. Cette dernière ne connaît guère que de rares pôles d’attraction significatifs comme la forêt de Brocéliande, les Monts d’Arrée, ou le lac de Guerlédan. Et encore ces sites sont-ils loin le « top 20 » des destinations, toutes côtières à l’exception de Rennes.
L’excursion, déplacement d’une journée maximum, effectué à plus de 50 km du lieu de résidence, pèse 600 millions d’euros en Bretagne. Ci-dessus, La Trinité-sur-Mer. (Photo François Destoc)