
La musique de Bretagne est intimement liée à l'histoire et au développement économique de la péninsule. Autrefois musique des seigneurs, elle est devenue aujourd'hui l'expression populaire.
Tout commence par l'association cornemuse-biniou. Elle a duré un siècle ; son développement est lié à l'économie. C'est la musique d'une société rurale, aujourd'hui disparue en Europe.
Du Moyen Age, nous reste sans doute la superbe gwerz à Skolvan. La musique populaire est inexistante. Les bardes distraient les cours. Leurs sonnioù tragiques, leurs gwerzioù primesautières, collectées en Bretagne, leurs chants nés ailleurs font la joie des puissants. Les harpes enjolivent les voix. Trop pauvres, les paysans n'ont guère le coeur à la fête.
Au XVIIe siècle, les sonneurs (le mot est d'origine française) commencent à participer aux fêtes publiques. La Révolution améliore les conditions de vie et permet l'avènement des très officiels arts populaires. La musique, la danse vont en bénéficier.
En 1850, le chemin de fer traverse la Bretagne. Le long des voies ferrées, des usines s'installent. Villes et campagnes connaissent un essor économique. On veut danser, jouer, s'amuser, « faire la fête ».
Cela va durer à peu près un siècle, au bout duquel, en quête de modernité, les Bretons vont peu à peu délaisser cornemuse, bombardes et autres binioù pour l'accordéon et le violon.
Née en 1942, en marge de l'Institut celtique, dans les conditions bien particulières de l'Occupation, la BAS permettra, plus tard, de retrouver ces instruments et leur répertoire. Jord Cochevellou (père d'Alan Stivell) et Gildas Jaffrennou remettront la harpe celtique à l'honneur. Des bagadoù se créeront sur le mode des pipe-bands écossais. Une nouvelle musique bretonne naîtra, prête à s'ouvrir aux influences d'Europe, d'Afrique et d'ailleurs.
On le voit, la musique dite « celtique » est une invention sans racines profondes, ouverte sur l'universel.
Les chants