Édith Piaf n'aurait pas reçu un accueil plus chhaleureux. Hier, Marion Cotillard, l'interprète de « La Môme », était à Plouguenast où elle a accompagné sa grand-mère, Léontine, à une projection privée.
Tout a commencé en janvier. Jean-Claude Cotillard, le papa de Marion, vient de voir « La Môme », en avant-première, à Paris, où il dirige une école de théâtre. Il a trouvé le film « fabuleux » et téléphone à sa mère : « Il faut absolument que tu ailles le voir ». Léontine, 98 ans, originaire de Plémet, vit désormais, à la Maison de retraite des Quatre couleurs, à Loudéac (22).
Le cinéma de Loudéac étant actuellement fermé, Léontine, toujours bon pied, bon oeil, contacte alors les responsables du Cithéa, le cinéma rural de Plouguenast, géré par une association. Son responsable, Jérôme Lucas, lui apprend que « La Môme » sera programmé fin mars-début avril. « J'en ai profité pour inviter tous les résidants de la maison de retraite et pour demander à Léontine Cotillard si elle pouvait venir avec sa petite-fille. Elle n'a pas dit non. J'ai donc envoyé un courrier. Début mars, n'ayant pas de réponse, j'ai relancé Léontine. Vendredi soir, j'ai appris que l'actrice viendrait bien lundi, mais pour une projection privée. J'étais sur un nuage ».
Hier après-midi, si la projection s'est bien déroulée à guichet fermé (avec les pensionnaires de deux maisons de retraite de Loudéac et du foyer de
Plouguenast), la visite ne fut pas vraiment privée ! Ainsi, le maire de Plémet avait convié Léontine et sa petite-fille à un déjeuner au meilleur restaurant du coin, d'habitude fermé le lundi. Puis, ils ont pris la direction de Plouguenast où une foule d'admirateurs attendait l'actrice. À son arrivée, les enfants de l'école Saint-Joseph lui ont remis des dessins. L'actrice a ensuite conduit sa grand-mère dans la salle. Pendant la projection, avec son (petit) staff et son compagnon, Mathieu (alias Sinclair), elle est allée se reposer dans le cadre champêtre du moulin de Guette-ès-Lièvres. En tournée mondiale, elle débarquait juste de Londres, et devait reprendre l'avion pour l'Espagne.
Elle a eu le temps de prendre un café, dans le bar du coin où le patron, qui la servait, ne l'a même pas reconnue ! Un peu d'anonymat dans ce tourbillon, voilà qui lui a fait du bien. Après la projection, Marion, toujours aussi souriante, a continué à répondre aux questions. « J'ai vu votre film quatre fois. Comment avez-vous fait pour ressembler autant à Édith Piaf » ? Réponse : « Je m'étais fait faire de fausses dents ». Elle a, aussi, signé quantité d'autographes. Un moment, très gentiment, elle a suggéré : « Je vais faire une petite pause. Cette journée est tellement belle que je voudrais la savourer ». Et à 18 h, avant de quitter la région, une autre réception l'attendait : celle organisée par la municipalité de Plémet, qu'elle connaît bien pour y posséder, à proximité (à Laurenan), une petite maison de famille, où elle aime se ressourcer.