
Après leur BEP, les élèves en bac professionnel de la section hôtelière du lycée Jean-Guéhenno suivent leur formation dans une classe européenne, avec l'espagnol pour première langue vivante.
Loïc Bargain, enseignant, note que cette particularité et les différents stages à l’étranger que font obligatoirement ses élèves, forment des professionnels « employables, qui savent s’adapter ».
Les restaurateurs répètent qu’ils ne trouvent pas de personnel compétent. Que leur répondez-vous ?
Nous, nous faisons tout pour qu’une fois diplômés, nos élèves soient employables, et ils trouvent tous du travail. Mais, même s’ils ont fait des efforts, notamment sur les horaires, les employeurs de l’hôtellerie et de la restauration n’augmentent pas les salaires, répétant qu’ils le feront quand ils pourront baisser le prix des menus avec une TVA à 5,5. Avant, les employeurs faisaient aussi plus d’efforts pour loger et nourrir leurs salariés. Or, comment voulez-vous qu’un jeune se loge dans une ville de la côte avec un Smic hôtelier ? Du coup, on en voit beaucoup qui restent faire la saison estivale en Savoie où les hôteliers logent et nourrissent leurs employés.
Le métier attire-t-il encore des jeunes ?
C’est nouveau, nous voyons davantage de très jeunes arriver : des élèves qui n’ont jamais redoublé et qui, après la troisième, choisissent de venir faire un BEP hôtellerie. Cela prouve que l’image du métier est meilleure. Cette année, nous en avons sept qui n’ont pas encore 16 ans.
Pourtant, ils doivent travailler quand les autres sont en week-end et en vacances...
C’est une des difficultés que nous leur expliquons, en essayant d’y trouver des compensations : ce sont des métiers qui permettent de découvrir du pays et ils peuvent profiter des basses saisons pour, à leur tour, partir en vacances. Mais c’est vrai que ce n’est pas facile, et les jeunes ont, aujourd’hui, plus de mal à s’adapter à ces contraintes, qu’il y a 20 ou 25 ans. Car nous sommes dans une société où les loisirs sont constamment mis en avant. Les restaurateurs ne comprennent pas la mentalité des jeunes, parce que, eux, acceptaient ces contraintes.
Pourquoi multipliez-vous les stages à l’étranger de vos élèves ?
Cela contribue à leur donner une ouverture d’esprit leur permettant de s’adapter. Et aujourd’hui, les employeurs ont besoin d’avoir du personnel qui parle anglais et espagnol. En BEP, les élèves découvrent les techniques de base en cuisine et du service en salle, entre la première et la deuxième année, ils font dix semaines de stage. En Bac pro, ils sont en classe européenne, l’espagnol est leur première langue vivante, l’anglais la seconde. Chaque semaine, ils ont une séance de cuisine et ils font un service en espagnol. Durant les deux ans de formation au bac, ils font 20 semaines de stage, dont quatre en Espagne dans un restaurant gastronomique, six en Savoie où ils découvrent ce qu’est une saison d’hiver, quatre sur la Brittany Ferries où ils font les mêmes bordées que le personnel et ils doivent parler anglais. Ensuite ils vont tous six semaines au Canada.
Les élèves de la section hôtelièrre du Lycée professionnel Jean-Guéhenno préparent leur bac professionnel en classe européenne, avec espagnol et anglais au programme, ainsi que 20 semaines de stage en France, en Espagne et au Canada