Plates-formes : Brest va t-elle y regoûter ?

Brest va-t-elle renouer avec la construction de plates-formes pétrolières ? Une discussion a lieu pour une, avec option pour une seconde, sans que l'on puisse préjuger du résultat.

Une société brestoise de services, travaillant à l'international, et qui souhaite pour l'instant ne pas apparaître, a trouvé un client potentiel à Abu Dhabi (Emirats Arabes Unis). Le marché de l'offshore est poussé par une demande forte, avec des chantiers de construction très chargés et des prix qui ont augmenté en Asie. D'où la recherche d'autres sites. L'écart de prix persiste avec la construction européenne mais s'est réduit. Les clients, pressés ou jugeant que le jeu le mérite, peuvent éventuellement passer outre. Dans ce contexte, la société brestoise a cherché un maître-d'oeuvre pour assurer la construction. Elle a trouvé la Satarem, société industrielle qui travaille notamment dans les cimenteries. Satarem, liée à une société de Hong Kong, distribue aussi du matériel de forage chinois, ce qui n'est pas anodin dans le dossier. La société brestoise représente Satarem en France.

Auto-élévatrice

La plate-forme concernée est dite « jack-up », auto-élevatrice. Le bloc, un triangle de 70 m sur 70 m, monte et descend le long de trois pieds. Elle peut travailler jusqu'à 120 m d'eau de profondeur, et est différente des deux plates-formes Sedco construites à Brest entre 1998 et 2000, des prototypes semi-submersibles. Soixante-cinq « jack-up » seraient en construction dans le monde, dont 10 de ce type, avec un prix de marché d'environ 120 M€. La construction, modulable, d'une telle plate-forme, de 17.000 tonnes, ne nécessite pas une forme de radoub, ce qui serait sa chance à Brest. Le chantier aurait lieu sur le polder du port civil, moyennant une stabilisation et la construction d'un plan incliné pour riper la plate-forme jusqu'à l'eau. « Nous avons reçu un bon accueil de la CCI et de Brest Métropole Océane », assure Jean-Daniel Fourdrinier, un des responsables de la société. Celui-ci et un de ses collègues évaluent à 50 % la construction qui pourrait être faite en Bretagne et à 100 % l'assemblage à Brest. « Notre volonté est de donner la priorité au bassin breton. » Ils évaluent le chantier d'une plate-forme à deux ans, avec en moyenne, tous sites confondus, 500 personnes. Si une deuxième est obtenue, le démarrage se ferait six mois après. Ce marché pourrait demander de la formation.

En attente

Si la proposition industrielle existe, reste à savoir quelle somme est prête à mettre le client et s'il peut y avoir accord. Les Brestois, qui seraient alors associés à Satarem et conseillers du client, espèrent en savoir plus d'ici la fin du mois et être plus largement fixés en septembre. Que Brest ait construit les Sedco, plates-formes plus sophistiquées, fait partie de l'argumentaire. A l'époque DCN (aujourd'hui DCNS) était maître-d'oeuvre, position la plus exposée financièrement. Est-il intéressé aujourd'hui ? « Pas de commentaire », indiquait-on hier à l'entreprise, dont l' objet social est aujourd'hui d'ordre militaire et gouvernemental. Greffer l'offhsore ne nécessitera-t-il pas alors une évolution? Sur les Sedco, d'autres entreprises brestoises, comme la Snef (électricité) étaient impliquées.

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