Premiers pas à l'assemblée

Les nouveaux députés bretons socialistes ont revêtu, hier, à l'Assemblée nationale, à Paris, les attributs de leur nouvelle fonction. Une belle journée pour Françoise Olivier-Coupeau, de Lorient, Annick Le Loch, de Pont-l'Abbé - Douarnenez, Jean-Jacques Urvoas, de Quimper et Jean-René Marsac, de Redon, à qui on a confié les clés du Palais Bourbon. Sous l'aile protectrice de Marylise Lebranchu. Une ancienne.

8 h, hier matin, gare de Rennes. Le TGV pour Paris a un air de ramassage parlementaire. Les députés socialistes nouvellement élus ou réélus convergent vers l'Assemblée nationale pour la première réunion de leur groupe. Prise de contact entre les anciens qui enchaînent leur troisième ou quatrième rentrée parlementaire, comme Danielle Bousquet à Saint-Brieuc, ou Jean Gaubert à Dinan et les bizuts, comme Françoise Olivier-Coupeau, élue pour la première fois, dimanche, députée de Lorient. Alors, émue la petite nouvelle ? « Je n'ai même pas eu le temps de me projeter dans cette journée », répond-elle. Mon mari m'a seulement dit ce matin avant de partir : « C'est simple, tu penses à Jaurès ». Impressionnée alors ? Même pas ! « Marylise Lebranchu, députée de Morlaix, a convié tous les nouveaux élus bretons dans son bureau. Elle va tout nous expliquer ».

Chacun son cartable

11 h, bureau de Marylise Lebranchu à l'Assemblée nationale, fraîchement rénové. Annick Le Loch et Jean-Jacques Urvoas sont déjà là. Ils ont eu le temps de s'inscrire et découvrent le contenu de leur cartable de député. Congratulations : « Ea fait du bien de se retrouver entre Bretons », glisse Françoise Olivier-Coupeau. Tiens, la pression commence à monter ! A l'intérieur du cartable, dans une boîte blanche, l'écharpe tricolore, symbole de la fonction. « Comment la met-on ? », s'interroge Jean-Jacques Urvoas. Marylise Lebranchu vient à son secours. 11 h 30 : réunion de groupe socialiste, salle Colbert. 184 députés se serrent dans une salle archi-comble. Avec François Hollande et Jean-Marc Ayrault en maîtres de cérémonie. Tout au fond, nos trois petits nouveaux Bretons s'installent côte à côte. « Jean-Marc Ayrault nous a fait un bilan de l'élection et nous a expliqué le fonctionnement du travail parlementaire qui nous attend, avec les premiers projets de loi, notamment sur la fiscalité », raconte en sortant Françoise Olivier-Coupeau. « François Hollande nous a fait un discours sur le sens de l'élection, sur les combats à mener. Il a parlé d'opposition utile. Ea m'a bien plu ».

26 huissiers aux petits soins

13 h : l'étape suivante pour la nouvelle députée de Lorient, la plus poignante pour elle, reconnaît-elle, la visite de l'hémicycle. Les 26 huissiers qui y sont attribués sont aux petits soins. L'un d'eux soulève un pupitre et explique le fonctionnement des boutons qui permettent de voter. « On peut voter dans l'hémicycle, à main levée et même à l'extérieur », précise l'huissier. « On est là aussi pour faire passer les petits mots que vous souhaitez faire parvenir au gouvernement ».

Première séance mardi prochain

Françoise Olivier-Coupeau ne connaît pas la place qui lui sera attribuée. « Mardi prochain, pour la première séance, on sera placée par ordre alphabétique. Je serai à côté de Patrick Ollier, UMP », sourit-elle. « Je lui parlerai du Pays Basque. Après, je serai à gauche, bien sûr, probablement tout en haut. C'est là qu'on met les petits nouveaux comme moi ». « FOC », comme l'appellent ses amies, arpente les travées vides de l'hémicycle, s'extasie sur la plaque signalant la place de Pierre Mendès-France. « C'est majestueux. Dire que c'est là qu'on a voté l'abolition de la peine de mort et la loi pour l'avortement ». Ea y est ! Elle est impressionnée ! « Je n'avais pas eu le temps de me préparer psychologiquement à cette journée. Je vais apporter ma petite pierre à cet édifice et j'en suis très fière ». 15 h : sa carte de députée en poche, son cartable sous le bras, il ne lui reste plus qu'à s'inscrire au groupe socialiste pour pouvoir intégrer les commissions de travail. Pour elle ça sera, comme son prédécesseur Jean-Yves Le Drian, celle de la défense nationale, précise-t-elle. Un travail qu'elle commencera dès mardi prochain et jusqu'à la mi-août, fin de la session parleementaire. Elle y sera toutes les semaines, promis ! Sauf la première semaine d'août. Mais c'est pour une bonne cause. Celle du festival Interceltique de Lorient.

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