Galfione wincheur de choc

Jean Galfione n'a rien perdu de son sourire qui tue. Wincheur sur le bateau français de l'America's Cup, il a aussi gardé une belle masse musculaire. Son expérience du très haut niveau, sa condition physique en béton ont révolutionné les habitudes d'Areva Challenge. L'ancien perchiste a gagné sa place aux côtés des seize autres marins.

Lorsqu'il arrive, en 2004, pour sa première régate sur un Class America, il ne connaît rien de la voile à ce niveau. « On m'a dit, tu te mets là, tu regardes et quand on dit de tourner (wincher), tu tournes ». Evidemment, il avait déjà navigué pour le plaisir le long des côtes bigoudènes (il possède une maison à Tréguennec), en famille et entre copains. Là, il débarque dans un autre monde. Mais surtout pas en terre inconnue...

Un bleu à bord

Calé au près dans la coque en carbone, il hume à nouveau le parfum du très haut niveau. L'activité physique, la débauche d'énergie pour régler les voiles surpuissantes de ces voiliers de 25 mètres de longueur pour 25 tonnes le replongent dans un univers qu'il affectionne tout particulièrement. « Au bout de deux semaines d'entraînement, je m'attendais à ce qu'on me dise merci et au revoir ». Mais séduits par son engagement physique et sa capacité à s'intégrer rapidement, les marins lui demandent de rester. Ils lui laissent, de surcroît, les rênes de la préparation physique.

30 % plus performants

« J'ai découvert des marins qui étaient davantage concentrés sur la marche de leur voilier que sur leurs propres performances physiques ». Dès 2005, il commence par mettre en place des programmes, des calendriers rigoureux étalés jusqu'aux régates finales, deux ans plus tard. A la salle de sport dès 8 h du matin, c'est un peu la soupe à la grimace, au début, dans les rangs. L'athlète modifie le cadre et le rythme d'entraînement des marins, pas habitués à pousser aussi loin. Il rassure ceux qui saturent et estiment, à certaines périodes, ne plus progresser. Il leur explique les paliers obligés avant les phases d'ascension. En salle de muscu, les charges augmentent, les joggings s'allongent, le vélo devient le moyen de locomotion général. Pour être fort dans sa tête, il faut savoir donner 110 % de son physique sur l'eau. Tout le monde trinque, mais finit par se plier à la discipline de fer du Bigouden de coeur. Résultat : « Après deux années de travail physique intensif, j'estime que la puissance et la résistance de l'équipage ont globalement progressé de 25 à 30 % ».

100 % épanoui

« Sur le plan personnel, c'est fou comme ce virage sportif a enrichi ma vie. J'apprends beaucoup au coeur de cette grosse machine (75 personnes) et avec tous ces gars appliqués, même dans la difficulté. Je mesure l'énorme chance que j'ai eue de faire mon école de voile sur un Class America ! ».

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Pratique

Les onze challengers de la Coupe de l'America bouclent quatre années de préparation et de travail acharnés. Cette semaine à Valence, en Espagne, ils achèvent une série de régates en flotte (lire en sports) avant le démarrage de la Louis Vuitton Cup (du 16 avril au 7 mai) qui désignera l'adversaire du détenteur de la coupe, le Suisse Alinghi. Seuls quatre bateaux disputeront les demi-finales, du 14 au 25 mai, la finale de la Vuitton Cup étant programmée du 1 er au 12 juin. Le dénouement de cette 32 e coupe interviendra du 23 juin au 7 juillet, toujours au meilleur des cinq manches disputées en confrontation directe (match racing).


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