Laurent Voulzy : Une vague d'émotions

Quel point commun entre une chanson écrite il y a plus de 20 ans et une course à la voille ? Laurent Voulzy. Sa plus célèbre ballade est à l'origine de la transat entre Belle-Ile-en-Mer et Marie-Galante dont le départ a été donné hier

Des origines guadeloupéennes, des attaches en Bretagne, avec une propriété en presqu'île de Quiberon (56), une chanson, fredonnée par tous et parmi les titres préférés des Français... Tous les éléments étaient réunis pour que la sauce prenne, ce week-end à Belle-Ile-en-Mer (56). Presque à la grande surprise d'ailleurs du premier intéressé, qui, face à l'ampleur d'un tel événement, s'est senti très « bouleversé ». « C'est vrai que cette course existe parce qu'il y a eu la chanson mais je suis impressionné de voir un tel déploiement d'énergie », racontait-il, la veille du départ. « De grandes choses sont faites à partir d'une idée née de rien, dans la tête », s'enthousiasmait-il. Habitué de Belle-Ile où il vient depuis son enfance - « Je dessinais le port de Sauzon » -, il a été touché à son arrivée, vendredi, par l'ambiance - « La paix qui règne d'habitude était totalement transformée par la beauté de ces marins » -, avouant se sentir dépassé mais « extrêmement ému ». Une émotion toute partagée lors de son concert sur la citadelle vendredi ou avec la chorale de 400 enfants, hier matin. Il se souvient, il y a un peu plus de vingt ans, quand, avec son inséparable camarade Souchon, les paroles de la chanson devenue mythique se sont imposées à eux comme une évidence.

Amoureux de la mer

Pourtant à l'époque, Laurent Voulzy n'avait encore jamais mis les pieds en Guadeloupe. Il l'a fait alors qu'il avait 35 ans. « Ma mère y a vécu mais j'étais encore dans son ventre quand elle est arrivée en métropole », raconte le chanteur qui explique aussi par là son amour pour la grande bleue. « J'aime la mer, être en mer, sur la mer, sous la mer, les livres sur la mer, les films, les documentaires... c'est une vraie passion ». « J'ai été conçu là-bas et mes ancêtres qui venaient d'Afrique, d'Asie, d'Europe... ont tous forcément pris la mer, dans des conditions plus ou moins agréables, mais c'est en moi ». De là, en revanche, à avoir une âme de navigateur, pas trop. Il avoue avoir un petit bateau, mais en général, il préfère garder un oeil sur la côte. « Un ami me l'a proposé une fois, partir faire le convoyage d'un 9 m 50. Dix jours avant le départ, je me suis dégonflé, j'avais trop peur », raconte la star belliloise du week-end.

Admiration

Mais Laurent Voulzy ne cache pas son admiration pour les hommes qui se sont engagés dans cette solitaire, les considérant comme des héros. « Ces gens-là sont d'une autre planète ». Grâce à son inspiration d'artiste, ces skippers vont à leur tour, par leur talent, réussir l'exploit de réunir deux îles séparées par l'Atlantique mais qui, au fond, se ressemblent « par la beauté de leur littoral et leur beauté intérieure », dixit le parrain qui a vécu « un moment extraordinaire de sa vie ».

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