Louise Bourgoin : Facétieuse Miss météo

Depuis septembre, Louise Bourgoin est la Miss météo du « Grand Journal » de Canal +. À 25 ans, la demoiselle prend du galon, puisqu'elle a récemment coanimé une soirée spéciale sur la chaîne cryptée et décroché le premier rôle féminin dans le prochain film d'Anne Fontaine.

Un joli sourire. De longs cheveux châtains. Le regard mutin. Louise Bourgoin a des atouts. Et cela n'a pas échappé à la production du « Grand Journal », talk-show de Canal + (*). Du lundi au vendredi, la jeune Bretonne y présente la météo. Ce rendez-vous est singulier. Son credo est la vanne, parfois cinglante, mais toujours avec le sourire. Elle arbore une moustache face à José Bové, fait du gringue à Édouard Balladur ou lance à Gérard Schivardi : « Dorénavant, vous êtes une star ; vous êtes la seule personne devenue célèbre parce que personne ne la connaît ».

« Un boulot alimentaire »

Il y a encore trois ans, Louise était étudiante aux Beaux-Arts, à Rennes. Elle achevait sa dernière année d'études. « Au bout de 22 ans à Rennes, j'ai eu envie de quitter cette ville, explique-t-elle, en ce mercredi 2 mai, dans les studios de l'émission. Au début, la télé n'était qu'un boulot alimentaire ». Ses débuts, elle les fait sur une chaîne à l'audience confidentielle, Filles TV. « Un jour, je regardais un programme pour enfants avec une animatrice pas terrible et j'ai eu le déclic. J'ai envoyé un CV à Canal J et je me suis finalement retrouvée dans "Kawai ", une émission pour les 11-18 ans. J'ai eu de la chance, car cela a été hyper facile ». Louise ne le reconnaît pas tout de suite, mais plusieurs centaines de jeunes femmes avaient tout de même postulé. Elle s'est présentée au casting avec « une robe de princesse, une sorte de tutu rose », ce qui n'a pas manqué d'amuser les recruteurs... Là, pendant deux ans, elle apprend sur le tas. « Je faisais de tout : rubriques people et ciné, objets insolites... Bien sûr, je disposais de moins de moyens techniques, mais je me lâchais beaucoup plus », indique-t-elle. Et d'ajouter : « Je n'ai pas gagné beaucoup d'argent, mais j'y ai acquis de l'autonomie ». À cette époque, la jeune femme travaillait sous son vrai prénom, Ariane. « Mais Canal + m'a demandé d'en choisir un autre : deux Ariane sur le plateau, ça n'allait pas ! » Car, aux côtés de Michel Denisot, on retrouve Laurent Weil, Frédéric Beigbeder et... Ariane Massenet. En souvenirs des Beaux-Arts, Ariane Bourgoin a alors choisi son prénom de scène, Louise, rendant ainsi hommage à Louise Bourgeois, artiste plasticienne, dont elle admire le travail.

Entre Vannes et Rennes

Fille unique d'un couple d'enseignants, Louise Bourgoin a toujours dessiné. « Enfant, je jouais beaucoup seule. Je me souviens que chez ma nourrice, j'étais toujours avec ma boîte de crayons de couleur ». Petite, ses parents se sont séparés. Elle a donc grandi entre Rennes, où vit sa mère, professeur de français, et Vannes, ville dans laquelle réside son père, qui enseigne la philosophie. S'il y a près de trois ans, Louise s'est installée à Paris, elle n'en oublie pas pour autant la Bretagne. Tous les 15 jours, elle s'y rend. « Le samedi, je suis avec ma mère, et le soir, je prends le train pour retrouver mon père, à Vannes. Avec lui, je fais les brocantes ».

Elle a trouvé ses marques

Issue d'un milieu très littéraire, elle a envisagé d'embrasser le professorat. « Mes parents m'ont poussée dans cette voie. Mais je me suis très vite rendu compte que l'enseignement était loin d'être ma vocation ». Au cours de sa quatrième année aux Beaux-Arts, elle s'est, en effet, inscrite au Capes et à l'IUFM, afin de devenir professeur d'arts plastiques. « J'ai fait un stage en collège. Et là, j'ai pris conscience que cela ne me correspondait pas. J'aurais vite déprimé ». Aujourd'hui, la situation est tout autre : « Mes parents voient que je m'épanouis ; ils s'en réjouissent », précise-t-elle, le sourire aux lèvres. En septembre, la Rennaise a donc rejoint la chaîne cryptée. Mais, sans l'appel d'un ami, ce job de Miss météo aurait été attribué à une autre jeune femme. « Une heure avant la fin du casting, il m'a téléphoné et a insisté pour que j'aille tenter ma chance. J'ai été prise après trois castings éliminatoires ». Louise Bourgoin a rapidement trouvé ses marques. Elle a appris à se « libérer », même si elle avoue être assez stressée, perfectionniste. L'animatrice écrit seule ses textes. « Ma hantise est de balbutier. Sur mes feuilles, mes mots-clés sont surlignés en jaune fluo. Ça me rassure ! »

Exposition médiatique

D'un jour à l'autre, la réaction du public varie. « Je préfère me prendre un bide que de présenter une météo sérieuse ». En tout cas, ses sketches ne laissent pas indifférent. Face à un Jean-Marie Le Pen dubitatif, elle a prétexté, en étant déguisée, que « Louise Bourgoin était absente pour cause d'allergie ». La prestation a amusé un certain nombre de téléspectateurs ; d'autres, moins. « Je reçois encore des messages de reproches. Ça me navre ». Du câble à l'émission phare de Canal +, l'exposition médiatique est bien évidemment différente. Les conséquences, qu'elles soient positives ou négatives, aussi. Des fans lui ont consacré de sympathiques sites Internet. Un autre l'est beaucoup moins. Les propos y sont orduriers. « Au début, je lisais ce qu'il y était écrit. J'ai arrêté. Il faut se blinder », explique-t-elle, en regardant son attaché de presse. De plus, sa vie privée commence à intéresser la presse à scandales. Il y a quelques semaines, Louise Bourgoin a, en effet, été victime des paparazzi. En vacances avec un jeune acteur réalisateur, elle s'est retrouvée à la une d'un de ces titres. Canal + apprécie l'humour de la jeune animatrice, car son contrat vient d'être renouvelé. « Cela fait seulement trois ans que je fais de la télé. Je suis de nature assez fataliste ; je suis donc ravie de ce qui m'arrive. J'en profite ». Mais Louise explore d'autres horizons. La preuve en est la soirée spéciale qu'elle a récemment présentée avec Laurent Weil, un de ses complices au « Grand Journal ». Six sketches, qu'elle a écrits, ont précédé la diffusion de comédies, telles que « OSS 117 - Le Caire nid d'espions » ou « Enfermés dehors ». « Cela a été un réel plaisir », ponctue-t-elle.

Grand soleil sur sa carrière

Dès mercredi, elle va également couvrir son premier Festival de Cannes. Au-delà de son bulletin météo, elle proposera une nouvelle chronique, diffusée vers 20 h 40, qui consistera en un « petit jeu avec un des invités ». Elle y croisera peut-être Wong Kar-Wai, un de ses cinéastes favoris. « J'aime les réalisateurs qui possèdent un réel univers ».

Luchini et Zem pour partenaires

Au fil de la discussion, le nom d'Anne Fontaine apparaît. Et pour cause, la réalisatrice de « Nettoyage à sec » et « Nathalie... » vient de lui confier le premier rôle féminin de son nouveau film, « Monaco ». Louise Bourgoin donnera la réplique à Fabrice Luchini et Roschdy Zem. Le tournage aura lieu aux mois d'août et de septembre. « C'est ma réalisatrice française préférée. J'ai passé plusieurs bouts d'essai avec elle avant de décrocher le rôle », dit-elle, radieuse. On le voit, la jolie Bretonne a le moral au beau fixe et un emploi du temps chargé. Car, dès son retour de Cannes, elle préparera ce tournage, avec des cours de danse. Et, une chose est sûre : elle continuera, à sa manière, de faire la pluie et le beau temps sur le plateau du « Grand Journal ».

* À partir de 19 h 10, en clair. Louise Bourgoin fait son entrée sur le plateau vers 19 h 40.

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