
Un quart de finale de Coupe de France, au Vélodrome de Marseille. Le président du Vannes olympique club, Maurice Gabillet, vit un « rêve éveillé », qui pourrait être prolongé avec un exploit de ses joueurs contre les stars marseillaises.
Droit au but, pour reprendre la devise du club marseillais, serait présomptueux. Le club amateur de Vannes, pensionnaire du championnat national (troisième division) de football, sera dans ses petits souliers, ce soir, sur les coups de 21 h, lorsqu'il va défier l'Olympique de Marseille et sa pléiade de joueurs internationaux, dans son Stade Vélodrome.
L'enjeu : un ticket pour les demi-finales de la Coupe de France. Jusque-là, les supporters sont en droit d'espérer, et c'est déjà beaucoup pour le dernier représentant breton, deuxième plus petit club des quarts de finalistes. « C'est un rêve éveillé pour les joueurs et le staff technique, confirme le président du Voc, Maurice Gabillet. Marseille, c'est difficile de faire mieux comme adversaire. Ce match restera gravé à jamais dans la carrière des joueurs ». Ah, la magie de la Coupe de France. Et dire qu'en 1/32 e s de finale, Concarneau (29) avait bien failli mettre Vannes dans ses filets, en ne s'inclinant que dans les toutes dernières secondes du match, 2 à 3. « A cinq minutes du coup de sifflet final, je pensais bien que tout était consommé. Et puis, on a marqué deux buts », savoure Maurice Gabillet. Les tours suivants ont été tout aussi piégeux : Bois-Guillaume (Seine-Maritime), club de CFA, éliminé aux tirs aux buts, puis Montpellier (Hérault), avec une victoire durant les prolongations.
Les Vannetais sont en train d'écrire la plus belle page de leur jeune histoire. Bien au-dessus de celle de 2001, lorsqu'ils ont affronté au stade de la Rabine, l'AJ Auxerre de Djibril Cissé et Guy Roux, en huitièmes de finale, devant 8.850 spectateurs. Il y a huit ans, pour mettre fin aux rivalités locales, le Véloce vannetais et le FC Vannes fusionnaient pour devenir le Vannes olympique club. Avec une direction à deux têtes : le président du Véloce, Maurice Gabillet, et celui du FCV, Yves Le Meur. Deux hommes que l'on retrouve encore aujourd'hui à la direction du club. Le premier à la présidence, qu'il a retrouvée en septembre dernier, le second à la vice-présidence. Les Blanc et Noir démarraient en CFA2, l'équivalent de la cinquième division, puis accédaient à la division supérieure l'année suivante. Le National, c'était en juin 2005. Que de chemin parcouru ! Réunis depuis samedi dans un hôtel de la banlieue de Marseille, les joueurs et le staff technique ont été rejoints, hier soir, par Maurice Gabillet. Un président qui a confiance en ses joueurs, « très détendus » malgré « la défaite, vendredi soir, contre Martigues et les quatre points glanés en cinq matchs depuis le tirage au sort ».
S'autorise-t-il, en secret, à rêver d'une victoire de ses protégés ? « Tout peut arriver. On n'a peut-être qu'une demi-chance sur mille mais on va la jouer. Si on n'y croit pas, cela ne sert à rien d'être là ». Pour augmenter les chances du Voc, il ira, ce matin, mettre un cierge à Notre-Dame-de-la-Garde, la « Bonne Mère » des Marseillais. De leur côté, les 600 supporters qui prendront place dans les tribunes du Stade Vélodrome sont confiants (lire ci-dessous). Reste à espérer que leurs pronostics soient justes. Jusqu'à présent, ils ne se sont jamais trompés.
L'effervescence était à son comble, hier, chez les supporters du Voc, à la veille du départ pour Marseille. Un quart de finale au Stade Vélodrome : un rêve pour tous ces amoureux du ballon rond, davantage habitués à fréquenter les petites tribunes des clubs de CFA (quatrième division) ou de National depuis deux saisons. Le Voc, dernier club breton encore en lice, deuxième plus petit club des huit quarts de finalistes, va défier l'ogre marseillais et ses internationaux. Peu importe : les supporters vannetais y croient. Et c'est là l'essentiel. Tous pronostiquent une victoire étriquée de leurs favoris, 1 à 0 ou 2 à 1. Plus précis, Francis Chevreux, le trésorier du club des supporters, voit même « un 1 à 0, avec un but de Christophe Le Roux à la 89 e minute sur un coup franc bien enroulé ». Et pourquoi pas créer le plus invraisemblable des exploits de l'histoire du Voc ? Jamais les supporters ne s'étaient autant mobilisés pour encourager les Blanc et Noir. Ils seront 600 dans les tribunes du Stade Vélodrome, après avoir rallié, dans la journée, la cité phocéenne en TGV ou dans les deux avions affrétés par le club. A Vannes, un écran géant de 30 m² est installé dans la salle de sports de Kercado, l'aire de jeu habituelle des volleyeurs. Une salle qui peut accueillir jusqu'à 2.600 spectateurs. Le rendez-vous de ce soir est d'importance pour tous les amateurs de football. Il l'est nettement moins pour la grande majorité des Vannetais. Dans le centre-ville, aucun signe distinctif. Pas d'écharpe exhibée, encore moins de maillot. A peine deux ou trois vitrines de commerçants, ici et là, parées de noir et blanc.