
Zoothérapeute,Michelle Kerbart intervient dans divers établissements auprès d'enfants et d'adultes en difficulté, pour améliorer leur bien-être au contact de sa chienne Taïna.
À l'Institut médico-éducatif Les Papillons blancs (IME) de Séné, l'effervescence des bambins de l'atelier de zoothérapie, qui attendent Michelle Kerbart et sa chienne Taïna, transforme le hall d'accueil en ruche. Tous se précipitent pour aider la zoothérapeute à porter son matériel dans la salle de motricité où ils vont retrouver leur calme, pour une heure de complicité avec le petit terrier tibétain. Au début, les enfants se passent la brosse avec laquelle ils prennent soin de l'animal. « Toutes les séances commencent de la même manière. Il faut que les enfants se retrouvent dans un rituel », explique Michelle Kerbart, qui intervient à l'IME de Séné depuis trois ans. « Au début, ce n'était pas facile pour les enfants d'accepter de partager l'animal qu'ils voulaient tout à eux. Aujourd'hui, ils s'échangent la brosse avec patience », remarque la zoothérapeute qui, institutrice durant une vingtaine d'années, met aussi à profit son expérience de pédagogue pour donner les consignes de la séance.
« Assis, couché, pas bouger », guidée à la croquette ou au fromage, Taïna suit les instructions que les enfants lui donnent, à leur manière. « En voyant la chienne répondre à leurs instructions, les enfants prennent confiance en eux. Certains ont des problèmes d'élocution mais trouvent le moyen de se faire comprendre, ce qui les valorise », remarque Michelle Le Corre, éducatrice spécialisée à l'IME. Michelle Kerbart se félicitait, lundi, de voir comment une enfant avait remarquablement progressé dans sa manière de conduire le chien. « C'est une petite fille autoritaire qui traînait parfois le chien pour le faire exécuter les exercices, allant jusqu'à le soulever pour le faire avancer. Aujourd'hui, je l'ai vue conduire très bien Taïna. L'avantage du chien, c'est qu'il oublie si ça s'est mal passé la fois précédente. Et il ne juge pas. Ce que le chien apporte aux enfants est différent selon les cas. Pour certains, il n'apporte rien, voire les effraie. Dans ce cas, rien n'est imposé ».
À la suite d'un accident de vie, consciente des bienfaits que l'animal, et en l'occurrence le chien, peut apporter, Michelle Kerbart a cherché comment elle pouvait se former pour apporter son aide aux personnes en souffrance. « Mes démarches m'ont fait rencontrer François Beiger, fondateur de l'Institut français de zoothérapie : un centre de formation professionnelle de zoothérapeutes, mais aussi de recherches sur les applications de la méthode », explique l'habitante de Grand-Champ (56). La zoothérapie ne guérit pas, mais elle sert à comprendre et à améliorer le bien-être de personnes en difficulté. « C'est un accompagnement, en groupe ou individuellement, pour les enfants comme pour les adultes confrontés au stress, à la solitude, la dépression, le handicap physique ou mental, la maladie », explique la professionnelle qui intervient aussi auprès des adultes, en maison de retraite notamment. La séance se termine. Repue de petites croquettes récompensant ses efforts, Taïna s'endort sous la chaise de sa maîtresse : « Taïna est une chienne très douce, c'est très important pour ce genre de travail dans lequel le chien est tenu d'être en très bonne santé et très propre ».
Contact : association Truffe Tendresse, Michelle Kerbart. Tél. 02.97.66.43.59 ou 06.17.46.18.78. michker@wanadoo.fr