Eleveur : bienvenue au milieu des cerfs

Plus qu'un simple éleveur, Nicolas Hardy se dit aussi créateur. A Priziac, il a fait de sa ferme un parc nature où vivent cerfs, daims et biches, sur 80 hectares. Comme une trentaine d'autres fermes en Bretagne, elle ouvre ses portes dimanche.

Que faire quand vous êtes à la tête du premier élevage de sangliers en France et que, du jour au lendemain, plusieurs années de travail sont totalement anéanties par la peste porcine ? Nicolas Hardy, l'éleveur, ne s'est pas laissé abattre. Il décide - c'était il y a onze ans - de changer son fusil d'épaule pour se lancer dans une aventure osée et risquée : transformer la ferme en un espace nature, ouvert au public. Incontestablement, le cadre, traversé par l'Aër, un affluent de l'Ellé, s'y prêtait. Y convergent pas moins de six vallées. « On n'avait pas envie de faire un parc animalier comme les autres, avec des girafes et des éléphants. Ce que l'on voulait, c'était, avant tout, développer le côté nature ».

Ça reste un élevage

Des daims étaient déjà là depuis une trentaine d'années. L'idée d'introduire des cerfs naît rapidement. Compte tenu de la topographie du terrain, très vallonné, c'étaient les animaux les plus adaptés. Restait le plus difficile, aménager les lieux pour les rendre accessibles. Les choses se sont faites progressivement. Tout a commencé par la construction d'un bâtiment pour l'accueil du public. Ensuite ont été aménagés 15 kilomètres de sentiers, huit étangs, deux aquariums... « Je suis un créateur », dit le maître des lieux. En parcourant les 80 hectares du parc, on veut bien le croire. Tout ou presque ici a été pensé, conçu et construit par lui seul ou presque, de ses propres mains, y compris les bâtiments, les deux gîtes, les aquariums et le surprenant Clos des Roches et ses 350 rochers dressés.

« J'ai tout faux »

Aujourd'hui, 140 animaux vivent ici en liberté. En se promenant sur les 15 km de sentiers de cet immense espace, on y aperçoit, de près, des daims, des cerfs, des biches et autres mouflons. Spectacle unique en Bretagne. « Ça reste un élevage avec 30 à 40 naissances par an. Nous sommes bien obligés de trouver un débouché, le parc n'est pas extensible ». Toute la viande consommée dans le restaurant du parc provient de l'élevage. Chaque année, le domaine accueille environ 15.000 visiteurs. Ce n'est pas énorme, compte tenu de l'intérêt du parc et de la beauté des lieux mais, en même temps, ce n'est pas si mal eu égard à son déficit de notoriété. « C'est vrai, nous sommes très mal connus, je suis un très mauvais vendeur, j'ai tout faux, j'ai beaucoup de mal à aller au-devant des gens », confesse Nicolas Hardy dont on devine la grande timidité. Mais pas question de trop grandir. « Au-dessus de 20.000 visiteurs, ça deviendrait difficile à gérer. Le produit ne serait plus le même. Nous, on l'aime bien comme ça le parc ». Un parc, en tout cas, très apprécié par les enfants. « Quand on voit le plaisir qu'ils prennent à venir ici, on se dit que l'on a quand même réussi quelque chose de bien », souligne Béatrice, l'épouse de Nicolas. De quoi aussi oublier tous ces moments de doute qui ont accompagné sa création.

Parc Aquanature. Le Stérou, Priziac. Ouvert dimanche, de 11 h à 19 h, dans le cadre de l'opération « Randonnez à la ferme », du réseau Bienvenue à la ferme. Entrée : 5 € par personne ; 3 € pour les enfants de 5 à 12 ans ; gratuit pour les enfants de moins de 5 ans.

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