
Les thèmes chers à Maurice Denis, la religion et la Bretagne, se retrouvent dans cette toile : « Portrait d’Albert Clouard en Saint-Guirec », datant de 1903. Le saint prend ici les traits d’un ami du peintre, Albert Clouard, peintre de l’Ecole de Pont-Aven.
« Portrait d’Albert Clouard en Saint-Guirec » demande une explication si l’on ne connaît pas l’amitié de Maurice Denis envers Albert Clouard.
D’un côté, Denis, peintre néo-impressionniste, né en 1870 en Normandie. De l’autre, Clouard, né à Rennes en 1866, l’un des maîtres, reconnu tardivement, de l’Ecole de Pont-Aven. Entre les deux, outre la même ferveur pour le pinceau, un lieu : Perros-Guirec, situé sur la Côte de Granit Rose.
A sa mort, en 1943, Auguste Dupuy, journaliste à La Dépêche de Brest, finira l’éloge funèbre sur ces termes, témoignant de l’attachement des locaux à cet artiste : « Bornons-nous à ce bref hommage, à ce rameau de bruyère, à cette touffe d’ajoncs sur un ami de notre Bretagne ».
A Perros-Guirec, Denis achète "Silencio", une belle maison qui accueillera Gide et Valéry, mais surtout son fidèle ami, Albert Clouard. Est-ce dans ce lieu que les deux hommes ont communié par leur talent sur la légende de saints bretons ? Entre 1903 et 1906, tous deux peindront un tableau à son effigie. « Comment Saint-Guirec vint en Bretagne » pour Clouard, et ce « Portait d’Albert Clouard en Saint-Guirec », de Maurice Denis.
Cette huile sur toile manifeste le rôle de la peinture chez Maurice Denis qui se devait d’être au service de la foi. A partir de 1918, il se consacre exclusivement à l’art religieux. Très tôt, cette fibre religieuse est perceptible chez Maurice Denis. Pour preuve, après son baccalauréat, en rentrant à l’académie Julien, il avait la conviction d’être un peintre chrétien.
L’avenir ne fera que confirmer ses deux attachements : la Bretagne et la religion catholique.