
L’esprit d’Yves Tanguy plane quelque part en baie de Douarnenez, où ses cendres ont été dispersées après sa mort aux Etats-Unis, en 1955. Le peintre autodidacte était souvent venu l’été en Bretagne, en compagnie de Jacques Prévert et de Marcel Duhamel.
Créateur de l’un des courants principaux du surréalisme, Yves Tanguy est né à Paris en 1900 mais son père, officier de marine, était Brestois et sa mère native de Locronan.
Ses racines bretonnes n’avaient pas échappé à ses amis surréalistes, qui l’avaient surnommé « Guide du temps des druides du gui ».
Curieusement, alors qu’il n’avait jamais touché un pinceau, sa vocation de peintre s’imposa lorsqu’il découvrit une œuvre de Chirico, « Le cerveau de l’enfant », en 1923, dans la vitrine d’un marchand parisien. Jacques Prévert, rencontré au cours de son service militaire, lui ouvre, en 1925, la porte des surréalistes, et il adhère au mouvement dans la foulée.
« Quand on me fusillera » était l’intitulé de la série de 23 toiles, sans titres individualisés, exposées à la galerie surréaliste de Paris, en mai 1927. L’une de ces toiles a été acquise en 1983 par le musée de Brest. Le tableau était, aux Etats-Unis, la propriété d’un collectionneur suisse. Un fonds d’acquisition régional a permis son retour en Bretagne.
Tanguy a choisi d’abolir la réalité apparente pour la remplacer par des paysages intérieurs qui sont des descriptions précises dans lesquelles rien, cependant, n’est identifiable.
D’aucuns y voient les grèves de son enfance et les cailloux polis par les marées.