
L’escalade est une discipline en plein essor. Plus de 1.500 adhérents répartis dans 33 clubs la pratiquent en Bretagne. L’hiver, ils se retrouvent en salle, comme aux championnats de Bretagne.
Sport d'été et de nature par essence, sport de salle et de compétition par nécessité d'adaptation l'hiver, l'escalade connaît depuis dix ans un bel essor en Bretagne, où 33 clubs recensent plus de 1.500 adeptes en Bretagne.
Ils rêvent des courses estivales qu'ils feront peut-être l'été prochain, accrochés aux falaises du Verdon ou au pic du Mercantour. Mais c'est l'hiver et ils vivent en Bretagne. Alors, en attendant les beaux jours, où ils pourront profiter du soleil à Pen-Hir, dans la presqu'île de Crozon, ou sur les falaises d'Erquy, les adeptes bretons de la grimpe à mains nues se retrouvent dans des gymnases, à l'occasion du championnat de Bretagne.
Florent Beaulieu, « chef ouvreur » de la Ligue de Bretagne n'a pas beaucoup dormi la nuit précédente. C'est lui qui a imaginé et réalisé le cheminement de « prises », vissées de loin en loin dans un mur de bois résiné, qui départagera les meilleurs compétiteurs bretons. « Dans le Sud, beaucoup ne grimpent pas en salle »
Le matin, huit grimpeurs n'ont pas eu trop de mal à parvenir au sommet (12 mètres) pour la finale. Mais, des prises ont été enlevées, et les concurrents n'ont eu que six minutes pour mémoriser la « voie ». A la fin de la finale, personne ne l'aura trouvée. L'ouvreur ne s'en gargarise pas, au contraire. « L'idéal, c'est quand un seul des concurrents parvient au sommet. Là, ça veut dire que c'était trop dur pour le niveau des compétiteurs ».
Celui des Bretons est correct, sans plus : les meilleurs de la discipline sont dans la moitié Sud du pays, beaucoup mieux servie au niveau des conditions géologiques et climatiques. « Dans la moitié Nord, tous les meilleurs font de la compétition parce que c'est le seul moyen de trouver une motivation en attendant de pouvoir aller en falaise. Dans le Sud, en revanche, il y en a beaucoup qui ne grimpent jamais en salle » explique Florent Beaulieu.
Or, si le plaisir le plus intense est pris par les grimpeurs sur les voies naturelles, l'escalade en compétition se dispute exclusivement en salle, dans une ambiance -sono branchée pendant les ascensions- qui n'est pas sans rappeler les compétitions de surf. Parmi les sports les moins dangereux de tous -chaque grimpeur est assuré depuis lesol par un collègue-, l'escalade n'est pas non plus aussi essentiellement «physique » que l'on pense.
« C'est un sport cérébral qui nécessite une prise de décsision pour trouver le cheminenent. L'objectif premier, à travers ça, c'est l'optimisation du potentiel énergétique. Après, bien sûr, il faut en avoir un minimum, notamment dans les doigts; ça se travaille... simplement en grimpant. Quelques-uns font un peu de footing mais pas tous ». Pour un peu, il faudrait parler de sport de « fainéant ». A confronter toutefois aux musculatures des meilleurs...
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