Kite-surf

Depuis cinq ans, le kite-surf -ou flysurf- connaît un engouement croissant sur le littoral national. On recense 5.000 licenciés, 15.000 pratiquants. Ce sport se pratique dans des structures d’encadrement -près de 64 en 2002- mais aussi, le plus fréquemment, de manière « sauvage ».

Alertés des dangers du kite-surf, le ministère de la Jeunesse et des Sports et la DGCCRF (1) travaillent depuis 2003 sur le dossier. De son côté, l'Afnor (2) travaille sur une norme de sécurité.

De gré, voire de force, tous les acteurs du kite, notamment la Fédération française de vol libre (FFVL), qui gère l'activité, ainsi que les fabricants de matériels et d'accessoires, se sont donc retrouvés autour d'une table en juillet 2003. En France, aucune réglementation n'existant sur le sujet, l'Afnor a été mise à contribution, afin d'élaborer une norme.

Système de sécurité...

Sachant que le premier élément de sécurité du pratiquant passe par une gestion de la puissance de l'aile, l'étude a porté sur trois axes. L'Afnor a donc étudié un système qui permettrait :

  • - d'annuler instantanément, en cas d'urgence, la traction de l'aile au point d'accrochage principal, tout en conservant un lien avec celle-ci, afin d'éviter, en la perdant, de créer un risque potentiel aux tiers;
  • - de maîtriser l'aile par l'intermédiaire d'un lien de sécurité (leash);
  • - de se désolidariser de son aile si la sécurité du pratiquant est en péril.

Après un an de travail, le référentiel normatif sur les exigences de sécurité est aujourd'hui en phase d'écriture. Publié au Journal Officiel, il est accessible sur le site Internet de l'Afnor. ...

...et formation à Quiberon

Pendant que l'Afnor s'occupait des systèmes de sécurité, le ministère de la Jeunesse et des Sports a, lui, renforcé le secteur de la formation. Une formation qui se déroule, notamment, à l'Ecole nationale de Voile de Quiberon (56) : depuis peu, une mention "kite-surf " figure au brevet d'Etat. En juillet 2003, une  « charte de pratique » a également été publiée. Reste que, malgré les efforts louables de la FFVL, du ministère, de l'Afnor et de la DGCCRF, associée à la prise de conscience des pratiquants, la liste des blessés s'allonge tous les ans.

Informations complémentaires auprès du conseiller technique Jeunesse et Sport : Stéphane Vieilledent, tél. 02.65.61.16.40.

(1) Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes.
(2) Association française de normalisation.

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  • Les risques, il connaît. Multi-champion d’Europe et du monde de char à voile, détenteur du record du monde de vitesse (151 km/h) en char à voile, adepte du parachutisme et du parapente, Tadeg Normand, moniteur de kite-surf, en enseigne aujourd’hui la pratique au sein de l’association Sylphe (tél. 06.62.41.73.03) : « Le principe d’une planche tractée par une aile type cerf-volant existait en 1989 mais n’était pas au point. Mais, c’est sûr, si le kite avait existé il y a 20 ans, il n’y aurait jamais eu de planches à voile. Pour passer de la planche au fun-board, il fallait des années; avec le kite, c’est, d’entrée, le super fun-board ! Même débutant, on peut se retrouver à faire des sauts de 5 à 10 mètres. En pointe, c’est moins rapide qu’une planche mais ça accélère beaucoup plus fort. Et puis, surtout, le kite autorise plein de figures du style " ski nautique" : sauts, vrilles, lâcher de barre ou de planche, glissades... »
    Dangereux aussi parce que l’aile peut catapulter le « kiter » plus loin qu’il ne le souhaite ». Pour autant, le kite séduit de plus en plus de jeunes. L’engin, outre son aspect ludique, prend peu de place : le flotteur, type planche de surf, ne mesure que 1,40 mètre de long, la barre de commande 50 centimètres tandis que l’aile (*), dégonflée, ne pèse que quatre kg et tient dans un sac à dos.
    En fait, il existe des règles de base à respecter : matériel bien réglé, vent de mer entre 7 et 15 nœuds, marée basse...
  • Quant à la technique, Tadeg conseille « d’apprendre avec un copain ou, mieux, dans un club ou une association ». Comme tout sport à risque, il faut un apprentissage et surtout une attitude responsable. Question de sagesse et d’humilité.

(*) De 7 à 18 m² de surface. 


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