
L'opération séduction est lancée. Le Tour 2008 sera privé de prologue mais la Bretagne s'en est offert un hier à Paris. Elle l'a même gagné car le film de présentation de notre région n'a pas raté son but : donner envie de venir ou de revenir en Bretagne.
« La Bretagne vous invite à faire son tour. » Tout le programme est dans le slogan et il paraît difficile de résister après avoir visionné le film projeté hier sur l'écran géant du Palais des Congrès. Savant mélange de paysages aussi magnifiques les uns que les autres et des manifestations qui illuminent le calendrier breton, il incite le spectateur à venir s'emplir les poumons de notre air iodé. Ah, si seulement il pouvait aussi inciter le coureur à ne jamais avoir de sang impur !
Jean-Yves Le Drian, président du conseil régional, croit dur comme fer que ce départ en Bretagne sera celui d'un nouveau départ pour un sport qu'il chérit. Il l'a affirmé sur la scène du Palais des congrès : « La Bretagne est une terre historique de vélo. Il fait partie de notre culture. Nous avons une dette à l'égard du cyclisme et c'est au moment où les difficultés sont là que les amis doivent être présents. Nous sommes les amis du vélo et du Tour de France. Nous relevons le défi. » Et il a terminé son intervention par ces mots : « Bienvenue en Bretagne. Kenavo. » Plus tard, au milieu des élus venus en masse dans la capitale, il ajoutera : « Après la Breizh Touch, la Bretagne ne craint pas de s'afficher sans le moindre complexe. Pour conforter l'image d'une région dynamique et solidaire. » Une fois encore, Le Drian mettra l'accent sur le lien charnel qui unit la Bretagne et le cyclisme. Et ses yeux s'illumineront à la seule évocation des noms de Jean Robic, Louison Bobet et, bien sûr, Bernard Hinault, présent à ses côtés. Il connaît son cyclisme sur le bout des doigts et avait même révisé son affaire avant d'annoncer que la Bretagne compte 9.200 licenciés et 174 clubs.
Qui ne demandent qu'à faire des petits. C'est le voeu le plus cher de Jo Guéguen, président du comité de Bretagne : « Trois étapes en Bretagne, c'est un événement exceptionnel et une chance inespérée pour notre cyclisme et nos dirigeants qui s'investissent pour que les jeunes viennent à la compétition. » Après les séismes enregistrés par le cyclisme ces dernières années, il veut aussi croire que les mesures adoptées cette semaine à Paris vont aider son sport à s'engager, enfin, sur la bonne voie : « Il faut que Brest soit le kilomètre 0 du Tour du renouveau. »
Il était heureux, hier à Paris. Mais que dire de Bernard Hinault ! Le quintuple vainqueur de la Grande Boucle était radieux à l'idée de voir le Tour 2008 s'élancer de Bretagne. « C'est ma région, c'est là où je suis né. C'est là où je vis. On n'est pas encore tout à fait sûr qu'il passe à Yffiniac où j'ai grandi mais, lors de la troisième étape, il passera à Calorguen, 25 ou 30 kilomètres après le départ de Saint-Malo. Je ne sais pas encore si ma femme s'occupera des animations comme la dernière fois que le Tour a traversé Calorguen. Pour cela, il faudrait qu'elle soit réélue au conseil municipal. » Et le Blaireau de s'esclaffer avant de résumer : « Ce Tour en Bretagne, il a tout ce qu'il faut pour que ce soit sympa. »
Jérôme Le Gall - Le Télégramme