
Après 58 ans d’existence, l’école de voile des Glénans a toujours le même objectif : faire de la mer un vecteur de vie sociale. Installée sur cinq bases (Glénan, Paimpol, île d’Arz, Marseillan et Bonifacio), elle forme 12.000 stagiaires chaque année et a élargi son activité à tous les sports nautiques.
L'archipel des Glénan s'écrit au singulier. L'école de voile des Glénans au pluriel. Peut-être parce que l'archipel reste indivisible. Sans doute aussi parce que l'école de voile présente de multiples aspects. L'explication ne satisfera pas les linguistes ni les puristes. Elle ravira, par contre, ces générations qui vénèrent les « Glénans ».
L'association a été fondée par un noyau d'anciens résistants. En 1947, ils rêvaient d'un monde meilleur, de faire de la mer un vecteur de vie sociale et de créer une école de responsabilité. L'histoire leur a donné raison. 54 ans plus tard, la « quinqua » Glénans reste en bonne santé et courtisée.
Sur la Rose des Vents, le spi vient d'être lancé. Les deux Olivier -l'un Toulousain, l'autre Brestois- sont à la manoeuvre. Yann, le « chtimi », chef de la base des Glénans à Paimpol (22), borde la voile. Pierre-François, le Concarnois, tient la barre. Le nouveau Sun fast 32, dessiné par Daniel Andrieu et construit par Jeanneau, long de 11,40 mètres, a quitté le ponton de Lézardrieux depuis quelques minutes.
Grand voile et spi gonflés, il efface les amers qui cadrent le chenal. Sous le soleil, il bondit à la moindre risée : « Ca, c'est du bateau. Il est beau. Il est fort habitable et il marche ». Sur une mer plate et dans des « airs de donzelles », les premiers cailloux de Bréhat se présentent déjà.
Salut aux jeunes stagiaires et moins jeunes des Glénans qui s'initient à la croisière côtière sur des First 18 et des Glénans 5,7. La Rose des Vent les laisse sur place.
Avec 250.000 stagiaires au compteur depuis sa création, 12.000 pratiquants par an, une capacité d'accueil de 1.200 personnes, 65 permanents, 70 saisonniers, 800 moniteurs bénévoles, cinq bases (Glénan, Paimpol, île d'Arz, Marseillan et Bonifacio) et un chiffre d'affaires annuel de 37 millions de francs, les Glénans forment la plus grande machine d'apprentissage de la voile en France. De perfectionnement aussi.
Hier, les stagiaires naviguaient sur des caravelles, cavales, mousquetaires et autres cotres des Glénan. Aujourd'hui, ils embarquent sur des dériveurs, des catamarans, des croiseurs dont la longueur varie de 5,5 mètres à une douzaine de mètres. Et s'ils préférent la planche ou le fly-surf, aucun problème : les Glénans ont ajouté les sports de glisse au catalogue. Devant son bulletin d'inscription, et selon son niveau et ses aspirations, le postulant au stage de voile aux Glénans a donc l'embarras du choix.
La sortie du "Rose des Vents", le superbe Sun fast 37 qui fait rêver tous les moniteurs et stagiaires des Glénans, tire à sa fin. Le courant de la marée descendante augmente entre l'archipel de Bréhat et le petit port de Loguivy. De risées adonnantes en risées refusantes, impossible de garder un cap parfait. Pour remonter vers Lézardrieux, on vire et revire. Ce que l'on appelle « faire du près » et « tirer des bords ». Les winches chantent le neuf. Le bateau réagit à chaque « négresse » qui frise la surface de l'eau. Yann, le moniteur chef de base de Paimpol, savoure : "Notre implantation à Paimpol est logique".
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