L'art religieux breton est un subtil mélange de roman, gothique et Renaissance. Cathédrales, abbayes, églises et chapelles témoignent aujourd'hui encore aujourd'hui de la vivacité de cet art.

Après les destructions des invasions normandes, le renouveau religieux entraîne, en Bretagne, dès le IXe siècle, une floraison d'abbayes et églises romanes.

  • Du XIIe au XVe, le mécénat des ducs de la dynastie de Montfort et celui de la haute noblesse favorisent la reconstruction de la plupart des cathédrales.
  • Enfin, entre le XlVe et le XVIIIe siècle, l'édification d'innombrables églises et chapelles rurales exprime la prospérité de la Bretagne, la fierté de la communauté paysanne et le triomphe de la foi catholique.

Les cathédrales bretonnes

Dès le XIIe siècle, dans les neuf évêchés bretons liés aux saints fondateurs de l'Armorique, des cathédrales sont édifiées ou réédifiées (Dol, Nantes, Quimper, Rennes, Saint-Brieuc, Saint-Malo, Saint-Pol-de-Léon, Tréguier, Vannes). Plusieurs chantiers dureront de trois à cinq siècles.

C'est pourquoi ces édifices, tous de belle facture, mêlent différents styles d'architecture : roman, gothique et Renaissance. Voici quelques exemples....

  • La cathédrale Saint-Tugdual (fin IXe - XlVe-XVe) de Tréguier (Côtes- d'Armor), a perdu ses fonctions à la Révolution de même que celles de Dol, Saint-Malo et Saint Pol-de-Léon. La cathédrale, les chapelles rayonnantes et son cloître constituent un remarquable ensemble de style gothique.
  • La cathédrale Saint-Corentin (XIIIe-XVIe) de Quimper (Finistère) offre une particularité : la déviation des axes entre la nef et le choeur. Elle est la seule à avoir retrouvé la polychromie de la pierre (choeur entièrement peint), avec nervures soulignées d'ocre et de rouge.
  • La cathédrale Saint-Samson (XIIe-XIIIe) de Dol (Ille-et-Vilaine), vaste édifice de granit, témoigne du passé riche et glorieux de l'évêché de Dol. La cathédrale a conservé la grande verrière du choeur, vitrail le plus ancien de Bretagne (fin Xllle siècle) et le tombeau de Thomas James, évêque de Dol au XVe siècle, premier exemple de la Renaissance en Bretagne.
  • La cathédrale Saint-Pierre-et-Saint-Paul (XVe) de Nantes (Loire-Atlantique). L'intérieur de cet imposant édifice, contrairement aux autres cathédrales bretonnes, est de pierre calcaire ou tuffeau. A noter, le tombeau de François 11, oeuvre de la Renaissance de Michel Colombe.

De l'art roman à nos jours

Les édifices religieux romans en Bretagne sont peu nombreux car ils sont remplacés à l'époque gothique ou Renaissance -grande période de prospérité en Bretagne- par d'autres édifices plus vastes et plus ornés.

Voici quelques exemples...

  • La nef (IXe) de l'abbatiale de Saint-Philbert-de-Grand-Lieu (Loire-Atlantique), caractéristique d'une construction carolingienne.
  • Les vestiges de l'abbaye de Landévennec (Finistère).
  • Le temple de Lanleff (Côtes-d'Armor) et l'église Sainte-Croix de Quimperlé (Finistère), les deux seuls édifices bretons de plan circulaire, construits sur le modèle du Saint-Sépulcre de Jérusalem.
  • L’église Saint-Pierre romane (IXe-XIIIe), à Langon (Ille-et-Vilaine) et la chapelle Sainte-Agathe, réutilisant un édifice antique.
  • L’église (XIIe) de Brélévenez, à Lannion (Côtes d'Armor).
  • L'église Notre-Dame de la Joie (XIIe) à Merlevenez (Morbihan).
  • La nef (Xle) et la tour romane à arcades de l'ancienne abbatiale Saint-Sauveur de Redon (Ille-et-Vilaine).
  • L'abbaye de Beauport, à Paimpol (Côtes-d'Armor).
    L'église Notre-Dame de Roscudon (XlVe) de Pont-Croix (Finistère).
    Le choeur et le transept de l'ancienne abbatiale de Saint Gildas-de-Rhuys (Morbihan).
  • L'église Notre-Dame du Kreisker (fin XIVe) de Saint-Pol-de-Léon (Finistère).

Le gothique flamboyant (XVe au XVIe siècle)

  • L'église de Loc-Envel (Côtes d'Armor).
  • La basilique Notre-Dame du Folgoët (Finistère).
  • L'église prieurale Saint-Ronan, à Locronan (Finistère).
  • L’église des Iffs (Ille-et-Vilaine).
  • L’église Notre-Dame de Vitré (Ille-et-Vilaine).
  • La collégiale Saint-Aubin de Guérande (Loire-Atlantique).
  • L’église de Batz-sur-Mer (Loire-Atlantique).
  • La chapelle Saint-Fiacre du Faouët (Morbihan).
  • L'église de Kemascléden (Morbihan).

La Renaissance (XVIe au XVIIe siècle)

  • L'église Notre-Dame de Bulat-Pestivien (Côtes-d'Armor).
  • La basilique Notre-Dame de Guingamp (Côtes-d'Armor).
  • L'église Notre-Dame de Saint-Thégonnec (Finistère).
  • Les tombeaux de la collégiale Sainte-Marie-Madeleine de Champeaux (Ille-et-Vilaine).
  • La chapelle Notre-Dame de Bon Garand de Sautron (Loire-Atlantique).

Le style des ingénieurs (XVIIIe siècle)

  • L'église de Pontrieux (Côtes-d'Armor).
  • L'église Saint-Martin de Morlaix (Finistère).
  • L'église de Guern (Morbihan).

Le XIXe siècle

  • L'église de Corps-Nuds (Ille-et-Vilaine), de style romano-byzantin.
  • L'église de Saint-Julien-de-Vouvantes (Loire-Atlantique), de style flamboyant.
  • L'église Saint-Nicolas (1844) de Nantes (Loire-Atlantique).

Des chapelles par milliers

La ferveur du peuple breton s'est aussi exprimée à travers une floraison de chapelles, croix et calvaires qui, dispersés à travers la campagne, suscitent toujours l'émotion. Plusieurs chapelles, construites au bout d'un chemin creux, parfois à l’écart de toute habitation, mais très souvent associées à une fontaine sacrée, témoignent de la christianisation d'un ancien culte des sources.
Aujourd'hui, comme hier, les chapelles tiennent une grande place dans la vie des Bretons, comme le montrent les innombrables associations de sauvegarde.

Les roues à carillon

  • Quelques églises bretonnes possèdent encore ce curieux objet rituel garni de clochettes appelé d'ordinaire "roue de fortune".
    Pour les anciens Celtes, la roue est un des symboles religieux importants. Elle avait probablement une signification solaire et était utilisée par les prêtres à des fins divinatoires.
    Comment sont-elles introduites dans des sanctuaires chrétiens ? Mystère. Toujours est-il qu'à Confort-en-Meilars (Finistère) où l'usage est encore très vivant, le carillon est mis en marche chaque dimanche, au moment de l'élévation et au-dessus de la tête des enfants qui tardent à parler. Les autres roues à carillon se trouvent dans les Côtes-d'Armor : à Saint-Nicolas-du-Pélem, Locarn, Laniscat et Kérien.

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