
Destruction de talus, construction de routes, installation de lignes à haute tension... Rien n’est fait pour favoriser le déplacement de la faune qui perd ses repères. Certaines espèces sont même menacées. La SEPNB-Bretagne Vivante part donc en campagne en faveur des corridors biologiques (*), ces structures généralement végétales qui permettent aux animaux d’évoluer d’un espace naturel à un autre.
" Pendant trop longtemps, nous nous sommes inquiétés des espèces dites emblématiques, menacées de disparition, comme le goéland ou encore le héron cendré, dont il n'y avait plus qu'une seule colonie dans les années 50. On peut également citer la sterne de Dougall, en baie de Morlaix, le narcisse des Glénans, le phoque gris de la Mer d'Iroise. Nous avons alors réussi à les sauver en constituant des réserves ", explique François de Beaulieu, secrétaire général de La SEPNB-Bretagne Vivante, lors de son assemblée générale 2005.
Mais à force de concentrer leurs efforts sur ces oiseaux emblématiques, les spécialistes ont sans doute un peu oublié les espèces dites banales. Depuis plusieurs années, la population des petits passereaux, tels le pouillot fitis et son cousin le pouillot véloce, ont ainsi chuté de 40 %. Le nombre d'hirondelles a lui aussi fortement diminué. Pour se nourrir ou simplement traverser son territoire, la faune sauvage emprunte généralement des sentiers ou autres circuits prédéterminés. Les animaux traversent donc les routes au même endroit, s'accouplent dans un lieu bien défini...
Pour leur survie, les animaux doivent pourtant être capables de se déplacer, de mélanger les populations pour éviter la consanguinité et préserver l'avenir des espèces. D'où la nécessité de ces corridors biologiques qui peuvent être constitués d'un réseau de haies ou de talus, permettant à l'animal de rejoindre une forêt, une rivière...
La SEPNB compte « identifier les corridors biologiques qui existent déjà ». Elle envisage aussi de « faire pression » sur les collectivités, afin qu'elles prennent en compte ces corridors écologiques dans l'élaboration de leur Plu (plan local d'urbanisation) et de leur Scot (schéma de cohérence territorial). « Il faut des espaces verts dans ces programmes », martèle Bernard Guillemot, président de la SEPNB.
* Pour se nourrir, traverser leur territoire, s'accoupler et élever leurs petits, les animaux, et les oiseaux en particulier, empruntent des circuits prédéterminés et s'arrêtent dans des lieux bien définis, toujours les mêmes. Que ces lieux viennent à changer, que l'animal ne puisse plus se déplacer à sa guise d'un espace naturel à un autre, et c'est la survie de l'espèce qui est menacée.
L'action de Bretagne Vivante