
Grandes, moyennes ou petites, le plus grand nombre d'îles en France se compte en Bretagne. Et de loin. Une multitude d’îles et d’îlots qui constituent un incomparable patrimoine naturel. A quelques unités près, 790 s’égrènent le long de nos côtes. Du gros caillou de quelques mètres carrés à l’île de plusieurs milliers d’hectares, leur diversité est impressionnante. Connues ou inconnues, habitées ou inhabitées, accessibles à marée basse ou pas, privées ou propriété de l’Etat, toutes fascinent et font rêver. D’Iroise, des Abers, des Glénan, du golfe du Morbihan ou du Trégor-Goëlo. Bouts de terre entourés d’eau mais toutes différentes.
Les îles, terres de paradoxes. Isolées mais menacées. Victimes de la modernisation de l’agriculture, abandonnées par leurs habitants, elles n’ont jamais été si convoitées et si visitées par les continentaux. Une pression foncière et touristique qui met à mal ces espaces pas comme les autres, que le Conservatoire du Littoral tente de préserver.
« Pour chaque île, il existe des problématiques différentes », souligne Denis Bredin, délégué régional du Conservatoire du Littoral, qui a fait de la restauration des milieux insulaires une priorité, à l’exemple de l’île Tomé, dans l’archipel des Sept-Iles, en voie de reconquête. Cela avec l’aide de l’Europe, dans le cadre du programme Life qui a compris que le patrimoine naturel et écologique des îles représentait un enjeu majeur. Préserver les îles ne signifie pas systématiquement pour le Conservatoire les acquérir. Elles ne représentent d’ailleurs qu’une minorité des surfaces préemptées. Même s’il est parfois difficile de concilier les intérêts des propriétaires et les objectifs de protection, la préférence du Conservatoire va, quand c’est possible, à la signature de conventions de gestion ou de servitude avec, à la clé, des engagements durables sur les milieux naturels.
« Il y a beaucoup de propriétaires avec lesquels on peut discuter et qui sont attachés au patrimoine », observe le délégué régional du Conservatoire, même si un certain nombre d’entre eux craignent de voir leur bien se dévaloriser financièrement.
Une plus grande vigilance s’imposera, d’autant que les moyens dont dispose le Conservatoire sont en baisse. Ce qui ne manque pas d’inquiéter Denis Bredin : « Si ça devait continuer, nous aurions du mal à faire face ».
Pour en savoir plus