
L’île de la Colombière, au large de Saint-Jacut-de-la-Mer (22), est un gros rocher dont les hommes sont bannis pendant l’été.
On y a exploité le granit au XVIIIe siècle. Aujourd'hui, c'est un repaire pour les sternes qui aspirent à la tranquillité. Tous les étés, des flots de Bretons et de touristes venus du monde entier arpentent avec bonheur la grève de Saint-Jacut-de-la-Mer et se précipitent, à pied ou en bateau selon la marée, sur l'île des Ebihens pour se dorer au soleil.
Mais, qu'on soit du pays ou de passage, il est impossible de ne pas voir les bouées qui entourent l'île de la Colombière dès que l'on descend à la pointe du Chevet. Cet ensemble de rochers, situé à un bon kilomètre du continent, accueille une colonie de sternes, espèce menacée et protégée, qui a besoin de grand calme pour se reproduire.
Du 15 avril au 31 août, ses 600 m² sont donc interdits d'accès. Aucune navigation, mouillage, baignade et pêche sous-marine ne sont autorisés.
« Notre rôle n'est pas de faire la police, mais d'expliquer aux promeneurs comme aux pêcheurs que, parfois, la nature a ses droits, et qu'il faut savoir la préserver. Cette année, nous n'avons eu aucune nidification. Ces colonies sont très précaires. La moindre nuisance humaine ou climatique peut les déranger », déplore Jean-Paul Rivière, conservateur de l'île.
Impossible de savoir pourquoi ces hirondelles de mer n'ont pas pondu cette année sur la Colombière; la régression est générale en Bretagne. L'association est donc doublement vigilante pour que les oiseaux se sentent en sécurité et reviennent dans la région.
L'histoire raconte que le granit qui a servi à créer la grande porte des remparts de Saint-Malo vient de la Colombière. Depuis rien n'a bougé.