
Tout au bout du Cap Sizun, la Pointe du Raz est un de ces lieux grandioses où la terre livre à l'océan son dernier combat.
Comme si le granit breton, têtu, refusait de laisser la mer en paix, il s'enfonce en force dans son domaine et en déchire les bords de ses aspérités. Jamais, il ne reconnaît sa suzeraineté. Il oppose à ses furies sa masse formidable. Il la griffe et l'érafle, quand elle se calme enfin, de ses multiples pointes et des rocs qui la prolongent.
La meilleure manière d'apprécier l'extraordinaire beauté de la Pointe du Raz n'est pas d'aller jusqu'à l'esplanade du bout du Cap. Il faut se rendre à sa jumelle méconnue, la pointe du Van, où s'offre le magnifique panorama de la Baie des Trépassés, du Raz, de l'îlot de Tévennec et de Sein dans le lointain.
D'ici, la Pointe du Raz garde toute sa majesté. Et puis, il faut approcher ce bout du monde sans trop de hâte, goûter progressivement à l'évolution de ce long Cap Sizun, en passant par la vieille cité de Pont-Croix, bâtie à flanc de coteau au fond de l'estuaire du Goyen, puis par le port d'Audierne, niché dans sa ria, traverser ensuite Esquibien, le petit village de pierre de Saint-Tugen et sa massive église, Primelin, le pont du Loch et, enfin, Plogoff qui a laissé le souvenir de sa lutte contre le projet d'implantation d'une centrale nucléaire.
Pas de route côtière longeant les plages et les rochers. La mer, hostile, se mérite et il faut aller la chercher au bout des chemins. Ou alors attendre de prendre en plein visage le choc de l'arrivée à la pointe.
Toujours sauvage et creusée de minuscules baies et de criques orgueilleusement nommées ports, la côte nord du Cap Sizun s'apprécie bien en suivant la route du Van, à Douarnenez, en passant par Cléden, Goulien, Beuzec et Poullan. Mais il ne faut pas hésiter à emprunter les petites routes menant à tous ces « ports » qui sont autant d'échancrures de sable et de roche nichées au pied des hautes falaises couronnées de landes.
Epargnée par la foule des touristes qui vont s'agglutiner sur les roches de sa prestigieuse voisine, la Pointe du Van a su préserver son cadre grandiose et naturel. Ici, la lande et la bruyère n'ont pas disparu à force de jouer les paillassons. Ce cap rocheux aux falaises découpées offre un panorama magnifique. D'ici, on peut admirer aussi des criques baignées d'une eau à laquelle le soleil donne une étonnante couleur turquoise. A voir : le petit port du Vorlenn, un abri précaire niché dans les rochers. Et puis, plus loin, au-delà de la Baie des Trépassés, se profile la Pointe du Raz, dont on n'aperçoit qu'à peine les bâtiments. C'est d'ici, sans conteste, que l'on a le plus beau point de vue sur ce site célébrissime. A l'ouest, le regard atteint aussi l'île de Sein, posée au large. Vers le nord, c'est la Pointe Saint Mathieu puis, au nord-est : les Tas de Pois, le Cap de la Chèvre et la baie de Douarnenez.
Il faut ici assister au déchargement du poisson et de la langouste au retour des « filets de raie » au quai de Poulgoazec.
Pour ceux que le spectacle des crustacés aura mis en appétit, les Grands Viviers d'Audierne (les plus grands d'Europe) vendent au détail crabes, homards et langoustes.