
Nulle part autant qu'à Pleumeur-Bodou la technologie du futur ne côtoie les traces des millénaires de civilisations disparues. Ici, les antennes géantes ont poussé comme autrefois les mégalithes. Ici, le Musée des télécommunications et le planétarium jouxtent le village gaulois reconstitué. Ici, les carrières de granit perpétuent le culte de la pierre, aux portes du parc scientifique tourné vers les étoiles. Balade au pays d'avant-hier et de demain, là où les dolmens rejoignent les satellites...
Ce paysage aux formes et aux couleurs vivantes change au gré des marées et des variations de lumière de la course du soleil. Un paysage de légendes : ici, sur l'île d'Aval, entre l'île Grande et Landrellec, le roi Arthur, "en dormition", attend que la réunion des deux Cornouaille(s) l'arrache enfin au sommeil.
Un peu plus loin, sur l'île à Canton, les deux croix de l'Apocalypse se rapprochent chaque année un peu plus l'une que l'autre, marquant par leur avance le temps qui nous sépare de la fin du monde.
Depuis lors, les satellites géostationnaires ont relégué au rang de vieillerie l'immense antenne-cornet abritée par la boule géante : en 1985, l'antenne a cessé de fonctionner, remplacée par la nouvelle génération des grands disques qui se dressent à ses côtés. Le radôme n'en est pas pour autant abandonné, bien au contraire : transformé en Musée des télécommunications internationales, il est ouvert au public depuis mars dernier. En fait, le radôme lui-même propose un étrange spectacle de son et de lumière, retraçant autour de l'énorme cornet la formidable aventure des télécommunications spatiales. Le musée, bâti tout à côté, présente quant à lui huit espaces thématiques évoquant 150 ans d'histoire des télécommunications, des câbles sous-marins aux satellites dernier cri.
Dans cette région de mégalithes, la terre livre toujours aux hommes son tribut de granit. La roche des mégalithes a aussi une histoire récente : elle a marqué l'économie locale, des carrières marines de l'île Grande, aujourd'hui abandonnées et envahies par la mer mais toujours fascinantes, aux carrières de granit rose de Pleumeur-Bodou et de La Clarté, toujours en exploitation.
De ces impressionnants cratères, où les moyens modernes d'extraction ont remplacé les «chanteperces» d'autrefois, sortent d'énormes blocs de pierre, à la couleur si particulière, à destination du monde entier.
Comment vivaient nos ancêtres les Gaulois ? Pour le savoir, rien de tel qu'une visite au Village gaulois de Pleumeur-Bodou, au pied du radôme. Construites au bord d'un joli petit étang où abondent les canards ( et sur lequel on peut naviguer à bord de "L'Onsyrix"), quelques maisons de torchis entourent une allée couverte. Le village est en chantier perpétuel, il y a toujours une maison en cours de construction. Une construction qui s'effectue avec des matériaux utilisés voici 2.000 ans et collectés sur place : les joncs des toitures, l'argile des murs, le châtaignier des ossatures, le noisetier des linteaux, sont assemblés par des chevilles de bois et de la ficelle de chanvre.
Une précision : le village est géré par une association qui finance la scolarisation de 2.500 élèves vivant dan sl abrousse du nord du Togo.