
Entre quatre voies et fond de rade, Daoulas et L'Hôpital-Camfrout sont devenues de calmes bourgades, tranquillescomme elles n'ont jamais été : après avoir perdu le trafic de leurs ports de rivières marines pour cause de développement du transport routier, elles ont aussi perdu leur trafic terrestre.
Aussi loin que remonte leur histoire, Daoulas et L'Hôpital-Camfrout ont été des lieux de passage. Légions, pillards, colons, pèlerins, commerçants ont emprunté, au fil des siècles, les voies maritimes et terrestres que se sont nouées ici. Voici près de 2.000 ans, une voie romaine passait par le ruisseau du Camfrout qui se jette dans la rivière de l'Hôpital. Voici 1.500 ans, les Bretons, chassés de leur île par les Saxons, sont venus en remontant les rivières.
Parmi eux, Saint Jaoua, fondateur légendaire de l'abbaye de Daoulas en 510. Il aurait converti le puissant seigneur du Faou qui, irrité par la conversion de ses proches au christianisme, avait massacré saint Tadec et saint Judulus, donnant ainsi son nom à l'abbaye qu'il devait financer pour expier son double crime (daou laz : double meurtre en breton) .
C'est par la mer également que les pirates normands sont venus porter la destruction, au Xe siècle. Deux cents ans plus tard, alors qu'intervenait la nouvelle fondation de l'abbaye par les moines de Saint-Augustin, les Hospitaliers de Saint-Jean bâtissaient une halte pour les pèlerins de Saint-Jacques de Compostelle. Cet hôtel médiéval faisait également fonction de léproserie, d'où le nom du lieu-dit « L'Hôpital ». Les deux bourgades de fond de rivière ont ensuite développé leur trafic portuaire.
« Bergère de Domrémy» .
Aujourd'hui, les deux petites cités ne voient plus que le passage estival des vacanciers venus goûter les charmes de la presqu'île de Logonna et des enfants des classes de mer se rendant à Moulin-Mer.
La voie express, décaissée à flanc de coteau à la hauteur de L'Hôpital-Camfrout, tranche en deux le bois du Gars qui domine la jolie rivière du Camfrout sinuant au creux de sa vallée. Ce vaste espace forestier de 200 hectares a été cédé à l'Etat et la Région par son propriétaire privé à la fin 1991. Il est désormais accessible au public, pour peu qu'il en découvre les entrées, non encore balisées. A en croire la légende, l'ermite saint Conval en aurait été chassé par le seigneur du lieu pour avoir coupé quelques pieds de chêne afin de bâtir son oratoire. En s'en allant, le saint aurait lancé une malédiction sur ce bois, prophétisant qu'on n'y trouverait plus de quoi fabriquer un timon de charrette. Réfugié en forêt du Cranou, le seigneur local, plus complaisant, l'autorisa à utiliser les arbres comme il le souhaitait. Ce dont le récompensa Conval, en prédisant qu'ici jamais le bois ne manquerait.
Une gorge étroite taillée dans la falaise mène à l'étonnan cirque de pierre aux parois abruptes plongeant dans deux lacs bleus.