Immobilier. La hausse des prix s'essouffle

Pour la première fois depuis plus de six ans, l'immobilier breton marque le pas : les chiffres provisoires des transactions notariées du 4 e trimestre 2006 font état d'une croissance zéro pour les appartements et d'une très faible hausse pour les maisons.

Faut-il voir dans cette stagnation la préfiguration d'une baisse, voire d'un « krach » de -25 % d'ici 2010 comme l'a envisagé l'institut Precepta ? « Ce n'est ni prévu, ni souhaitable », répond Pierre-Luc Vogel, président du conseil régional des notaires.

Les vendeurs lâchent du lest

Pas prévu parce que le marché, quoique mouvant, n'est pas spéculatif, et parce que le besoin de logement reste réel même si la demande s'exprime aujourd'hui assez mollement. Pas souhaitable parce qu'une chute brutale pourrait mettre en difficulté les jeunes primo-acquérants endettés pour 20 ans ou plus, au point de les conduire au surendettement. D'ailleurs, les refus de prêts que commencent à opposer les banques semblent refléter la perspective de risques grandissants. Alliée à la hausse des taux et à l'attentisme pré-électoral, l'incertitude de l'avenir du marché semble être une cause déterminante du tassement d'aujourd'hui. Les investisseurs se font plus rares, tandis que les candidats au logement évitent de se précipiter. De toute façon, ils négocient le prix à la baisse. Résultat : les ventes sont moins nombreuses. Et, avec le stock grossissant de biens en vente, le temps semble venu où les vendeurs, pressés ou contraints de faire affaire, commencent à lâcher du lest. Pour autant, les notaires ne perçoivent pas la baisse de prix et de volume enregistrée par les agences sur les compromis signés au cours des trois derniers mois. Pourquoi cette différence d'appréciation ?

Négociations directes

Sans doute en raison du développement du marché de particulier à particulier qui atteint aujourd'hui 50 % des transactions négociées, loin devant les agences (35 %) et les notaires (15 %). Il est vrai que les prix ont atteint de tels sommets que les candidats à l'acquisition peinent à boucler leur financement et doivent rogner sur tous les surcoûts à commencer par les honoraires de négociation.

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