
Informations sur le financement, les prêts, les dispositifs légaux (textes de lois, défiscalisation)
La création programmée, en 2007, de l’Etablissement public foncier régional (EPF), contribuerait-elle, déjà, à l’assagissement des prix ? Les professionnels de l’immobilier se disent assez sceptiques, mais il ne serait pas illogique que cette « machine de guerre » anti-spéculation porte des effets par anticipation. Sachant que l’EPF va peser sur le marché pour contenir les hausses et favoriser l’urbanisation contrôlée à tarif social, faut-il acheter cher, aujourd’hui, de rares terrains qu’on nous promet plus nombreux et meilleur marché, demain ? Il y a de quoi faire réfléchir plus d’un investisseur spéculatif. Si la décrue se confirme, on peut se demander si l’EPF, et l’impôt supplémentaire qui va avec, restent nécessaires.
Pour les accédants qui ont souscrit un emprunt à taux variable, la hausse de l’intérêt a un double effet pénalisant : elle alourdit le poids de leur remboursement, pour payer un patrimoine dont la valeur pourrait baisser. Pour autant, cet « effet ciseau » ne doit pas conduire à la faillite familiale. « Les taux variables sont assortis de dispositifs de sécurité », explique Régis Henry. Parmi les parachutes, il y a l’assurance, l’allongement de la durée du crédit, des effets de seuil et un lissage dans le temps des variations du taux. « Ce n’est pas l’immobilier, mais les prêts à la consommation qui plombent les familles surendettées », affirme-t-il.
Pour la plupart des banques, le prêt immobilier au particulier est un moyen d’accrocher de nouveaux clients. Elles pratiquent volontiers les taux de crédit les plus bas en renonçant à leur marge et diffèrent l’incidence de la hausse du taux directeur de la Banque centrale européenne sur l’offre consentie à l’emprunteur. Ce « dumping » a son prix : si la banque ne gagne rien en prêtant, elle se rattrape sur les services liés à la gestion du compte d’un client, devenu « captif » pour plusieurs années, et aussi sur l’assurance du crédit consenti. Cette assurance est, certes, obligatoire, mais si rien n’interdit, en théorie, à l’emprunteur de chercher l’assureur le moins-disant, la banque prêteuse impose souvent le contrat d’une société filiale, sur lequel elle touche une juteuse commission.
Les plus récentes statistiques des transactions, établies au 1er avril dernier, placent le Finistère et le Morbihan en tête des augmentations de prix des appartements, et l’Ille-et-Vilaine en queue de peloton. Ce département, où les tarifs pratiqués sont déjà élevés, est « plombé » par sa ville-centre. Même chose pour la Loire-Atlantique. Dans les deux métropoles, les prix n’ont augmenté « que » de 2,1 % au premier trimestre 2006, alors que la hausse moyenne était de 2,7 % en Bretagne et de 3,1 % en France.
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