
Avec 63,4 millions d'habitants au 1er janvier 2007, la population de la France continue d'augmenter, grâce à un nombre record de naissances en 2006. En Bretagne, sur la base du chiffre communiqué hier par l'Insee (3.081.000 habitants au 1er janvier 2006), nous devons être aujourd'hui 3.110.000.
Des Bretons qui font désormais moins de bébés que les autres Français, mais qui habitent un pays si attractif que les nouveaux arrivants dopent sa démographie. Etat des lieux régional, affiné par les résultats de la troisième enquête annuelle de recensement de l’Insee.
Trois nouveaux Bretons sur quatre sont des immigrants, venus pour la plupart d’Ile-de-France mais aussi des Pays-de-la-Loire. Logique : la région est dynamique et plaisante à vivre et le chômage y est le plus bas de France, alors qu’elle a perdu son rang de terre de familles nombreuses. Ce résultat est le fruit d’un solde migratoire positif porté par les adultes et les retraités. En effet, les jeunes qui quittent chaque année leur région pour suivre leurs études ou trouver leur premier emploi (145.000) sont plus nombreux que ceux qui y arrivent (125.000). Mais, passé 30 ans, le flux s’inverse : 41.000 départs pour 61.000 arrivées, dont bon nombre de retours. Et, au-delà de 60 ans, on assiste au massif retour des retraités au pays, avec 30.000 arrivées pour 15.000 départs (troisième région pour l’attractivité des seniors).
Vannes et Rennes fixent les migrants
Les grands bénéficiaires de ces retours sont le Morbihan et l’Ille-et-Vilaine, dopés par le dynamisme du littoral de Vannes ou d’Auray et du bassin rennais. Ainsi fixent-ils respectivement 32,5 % et 29 % des migrants, les Côtes-d’Armor se contentant de 21 % et le Finistère de 18 %. A cela s’ajoute une population rennaise jeune qui fait des enfants : à lui seul, le département d’Ille-et-Vilaine représente 80 % du solde naturel de la Bretagne. Le Morbihan s’en tient à 15 %, le Finistère à 8 %, et les Côtes-d’Armor sont dans le rouge avec -3 %. Au bout du compte, l’Ille-et-Vilaine a gagné 64.000 habitants depuis 1999 pour atteindre 930.000 au 1 er janvier 2005 (soit environ 950.000 aujourd’hui), quand le Morbihan en gagnait 45.000 (668.500), le Finistère 24.500 (876.500) et les Côtes-d’Armor 24.500 (567.000).
Les petites communes grandissent
L’enquête Insee révèle également le dynamisme démographique des petites communes. Alors que la progression globale de la population bretonne est de 0,85 % par an (cinquième région sur 22, la moyenne nationale étant de 0,66 %), les communes de moins de 1.000 habitants arrivent à 1,3 %. Et même à 1,95 % en Ille-et-Vilaine et 1,55 % dans le Morbihan. Une constante : plus la localité est petite, plus elle grandit. Il faut bien sûr y voir la conséquence du prix du logement, Vannes et Rennes étant si chères que les nouveaux arrivants vont chercher des tarifs abordables à 20 ou 30 km de la ville, de préférence en bordure d’axe routier. D’ailleurs, la carte des progressions démographiques ressemble à s’y méprendre à celle des hausses de l’immobilier. Une exception toutefois : les secteurs touristiques, toujours chers mais souvent en régression démographique pour cause de disparition d’habitants au profit de résidents secondaires... lesquels n’étaient pas souvent là en janvier, au moment de l’enquête Insee.
Pour en savoir plus :
Le site de l'Insee
Les Bretons font moins de bébés que les Français des autres régions mais les derniers chiffres de l’Insee révèlent cependant une démographie en bonne santé. (Photo François Destoc)