Égyptologie. Des trésors plein les fouilles

Égyptologue rattachée au CNRS, la Douarneniste Sophie Desplancques s'apprête à repartir en mission en Égypte, à la fin du mois d'octobre. Accompagnée par Gildas Hémon, un photographe professionnel, elle y passera trois semaines à lire, à comprendre et à relever les hiéroglyphes qui tapissent une partie des murs d'une tombe datant de 1.500 avant Jésus-Christ.

Le Nil, les pyramides, les pharaons, Toutankhamon ou encore, en plus populaire, Indiana Jones. Des mots et des images qui parlent d'histoires et d'une Antiquité aussi fascinantes et mystérieuses que l'esprit du Sphinx. Universitaire et spécialiste française d'une des plus importantes administrations économiques de l'Égypte ancienne, le Trésor, Sophie Desplancques s'attachera à faire parler les hiéroglyphes d'une tombe antique. Observateur et photographe, Gildas Hémon immortalisera le travail, le site, les fouilles, les tombeaux.

Une cinquantaine d'égyptologues français

Ce n'est pas la première fois que Sophie Desplancques - qui lit couramment les hiéroglyphes et a enseigné à l'université de Lille ainsi qu'à la Sorbonne IV -, part fouiller en Égypte. Après des études d'Histoire et être « tombée dans l'égyptologie par hasard en suivant des cours de hiéroglyphes », elle a son doctorat et a ainsi rejoint la petite famille de la cinquantaine d'égyptologues français. Avec déjà une dizaine d'années de fouilles à son actif, cette universitaire de terrain est aussi l'auteur de nombreuses parutions scientifiques dont « L'institution du Trésor en Égypte » et « L'Égypte ancienne » en « Que sais-je ? » L'Égypte : elle connaît donc bien. Gildas Hémon vivra, lui, sa première plongée dans le Nil antique en se mettant à l'ombre des pyramides. Sous le regard brûlant de Râ, les optiques de ses appareils photo, surtout habituées aux embruns de la baie de Douarnenez, vont prendre un grand coup de soleil. La tombe qui les intéresse est « une pièce d'environ 15 m² ». Référencée « TT 18, pour Tombe Thébaine 18 », elle a été découverte au début du XX e siècle « et très souvent pillée ». L'édifice mortuaire a été construit pour Baki, « un haut fonctionnaire en charge des pesées de l'or et de l'argent pour le pharaon Thoutmosis III, vers 1.500 avant J.C ». L'histoire de ce Baki a beaucoup de valeur pour cette spécialiste du Trésor égyptien. Par institution du Trésor, il faut entendre « l'administration des produits précieux comme l'or, l'argent, l'encens, le miel qui servaient pour les échanges car la monnaie n'existait pas à cette époque. Elle ne fera son apparition qu'avec les Grecs », rappelle-t-elle.

Concentration précision et patience

Sophie Desplancques connaît déjà cette petite tombe pour y avoir commencé des fouilles, il y a deux ans. L'endroit n'a pas encore tout dit : « Il est temps d'y retourner ». Durant trois semaines, Sophie Desplancques va relever toutes les traces et tous les hiéroglyphes peints sur les murs de la tombe. « Avec de grands calques que l'on applique soigneusement sur la paroi et des feutres de couleurs pour dessiner le plus précisément possible toutes les marques écrites ». Un travail fastidieux, dans la chaleur et dans une relative obscurité pour éviter d'altérer les pigments. Un travail qui exige surtout autant de concentration que de précision et de patience. Il est hors de question de rater un trait car, après le relevé de tous les murs et de retour à Douarnenez, il faudra reprendre tous les calques soigneusement roulés pour déchiffrer, comprendre et comparer. Un autre travail « d'environ une année », qui conduira à la publication d'un nouvel ouvrage spécialisé. La tombe de Baki aura sans doute tout dit. Elle sera définitivement fermée. En attendant le grand saut près du Nil, Sophie Desplancques et Gildas Hémon - également passionné d'Histoire -, s'intéressent de près aux vestiges romains de Douarnenez. L'oeil du photographe et la démarche archéologique de l'égyptologue pourraient bien mettre au jour quelques belles surprises. Même sans hiéroglyphes.

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