Le nouvel horizon du cabotage

Le cabotage n’est plus une affaire de petits cargos anciens, rouillés, souvent mal entretenus, faisant du port à port, généralement sur de courtes distances. Aujourd’hui, il s’agit toujours de navigation dans des zones jamais très éloignées des côtes...

Le cabotage breton n'est plus ce qu'il était. Les armements régionaux ont pratiquement tous disparu. Certains ports qui avaient bâti leur prospérité sur le commerce maritime ont vu les derniers caboteurs les abandonner. Ils étaient devenus trop grands, passer des écluses était une perte de temps.

  • Les ports de Paimpol et Morlaix, par exemple, où accostaient autrefois plusieurs dizaines de caboteurs par mois, sont devenus des ports de plaisance. A Paluden, dans les Abers (Lannilis-29), et à Concarneau, le cabotage est devenu une activité anecdotique : quatre ou cinq bateaux de bois pour le premier par an, trois ou quatre chargements de suif et de déchets pour le second.

Cinq millions de tonnes par an

Globalement, pourtant, le cabotage est une activité non négligeable. Il pèse en Bretagne cinq millions de tonnes, export-import compris, environ deux fois les trafics annuels des ports de Lorient ou Brest et trois fois celui de Saint-Malo. De plus, une vraie relance n'est pas à écarter. Les axes routiers se saturent doucement mais sûrement.

  • A Saint-Malo (1,5 million de tonnes), deux à trois bateaux par jour viennent livrer du bois (125.000 tonnes), des engrais et amendements marins (900.000 tonnes) et des produits pétroliers (125.000 tonnes). Le bois arrive des pays nordiques, les engrais de la Russie ou des pays baltes, les amendements de Grande-Bretagne et le pétrole du Havre ou des ports hollandais.
  • Au Légué (320.000 tonnes), tout le trafic est également lié au cabotage : le bois vient du nord (40.000 tonnes), les amendements marins de Grande-Bretagne... Le kaolin part vers les îles anglaises et la ferraille en Espagne.

Deux tiers du trafic à Brest

  • A Roscoff (107.000 tonnes), où accostent 60 à 70 bateaux dans l'année, tout le trafic du port conventionnel est lié au cabotage avec 38.000 tonnes d'amendements marins et 48.000 tonnes de sable qui viennent de Bretagne-nord ou de Grande-Bretagne, et 10.000 tonnes de céréales aux origines diverses.
  • A Brest, le cabotage représente près des deux tiers du trafic avec 1,4 million de tonnes. Les produits pétroliers (900.000 tonnes) viennent de Hollande ou du Havre. Le gaz arrive du Sud-Ouest (140.000 tonnes). Le ciment représente aussi 140.000 tonnes. Les exportations concernent la ferraille (60.000 tonnes) vers l'Espagne, les pommes de terre (25.000 tonnes) et les huiles usagées (110.000 tonnes) destinées à l'Afrique du nord.
  • A Douarnenez (33.000 tonnes et 15 bateaux par an), le trafic cabotage dépend des produits pétroliers (30.000 tonnes) venus du Havre ou du Bénélux et aussi du thon et du maquereau congelés (3.000 tonnes).
  • A Lorient (2,7 millions de tonnes en trafic total), premier port breton, le cabotage atteint 65 % de l'activité avec 1,4 million de tonnes d'hydrocarbures venus de Donges, du Havre ou de Hollande. Les sables et amendements marins (450.000 tonnes) arrivent de Vendée, la fonte (20.000 tonnes) de Turquie. 70.000 tonnes de ferraille sont exportées vers l'Espagne et 10.000 tonnes de vieux pneus vers le Maroc...

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Pratique

Les atouts du cabotage...

  • Le coût. Les factures sont nettement moins élevées que par le transport routier.
  • Ensuite, le tonnage. Les plus gros camions ne peuvent transporter que quelques dizaines de tonnes alors qu’un caboteur peut en stocker plusieurs milliers.
  • Enfin, la mer redeviendra naturellement la route de substitution lorsque les routes et autoroutes ne répondront plus à l’augmentation du trafic. Mais il faudra adapter les ports. Les armateurs aiment les quais en eau profonde et apprécient peu les échouages qui retardent les bateaux et fragilisent les coques.

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