
Rétablissement maritime du site le plus visité de province
Initié en 1995 et déclaré d’utilité publique en 2003, le rétablissement du caractère maritime du Mont-Saint-Michel voit des années d’études aboutir aujourd’hui. Envahi par les herbus, le sable et le trafic routier, ce patrimoine mondial de l’Humanité a perdu, au fil des ans, son décor naturel et il ne faudra pas moins de six ans pour refaçonner la baie et rendre ainsi sa liberté au rocher de l’Archange.
Des chasses d'eau et un balcon
La première étape de ces grands travaux est la construction d'un barrage sur le Couesnon. Les engins de chantier, tout juste arrivés dans les polders, vont travailler d'arrache-pied jusqu'en 2008 pour redonner au fleuve sa puissance hydraulique. Ce ne sont pas moins de huit vannes ultrasophistiquées qui fonctionneront comme des chasses d'eau déblayant les sédiments qui bouchent aujourd'hui son lit. Trois millions de m³ devraient ainsi être évacués au bout de deux ans de mise en service et la quasi-totalité six ans plus tard. Au-delà de son utilité technique, cet ouvrage devrait vite devenir un lieu hautement attractif pour les touristes, non seulement curieux de voir le système en action mais aussi ravis de profiter, comme du haut d'un balcon, de sa large vue panoramique englobant toute la Baie.
Arrivée en douceur
L'autre volet de ce chantier d'envergure est, bien sûr, l'accessibilité au Mont. Pour que la mer entoure de nouveau librement le monument, quinze hectares de grèves vont être rendus à la nature, supprimant ainsi les parkings qui s'étalent à l'entrée du site. Réunions publiques, cabinets d'architectes se sont succédé avant de trouver la solution qui permette au public une approche à la fois confortable mais aussi symbolique de ce que Victor Hugo appelait « la pyramide merveilleuse ». « On vient du monde entier pour admirer le Mont-Saint-Michel, donc il fallait vraiment que le paysage se révèle au fur et à mesure, que l'?il voit le joyau dans cet écrin », résume François-Xavier de Boulaincourt, directeur du Syndicat mixte en charge des travaux (lire ci-dessous). Les trois millions de visiteurs annuels laisseront donc leurs voitures à 2,5 km des stationnements actuels, dans un nouvel espace d'accueil aménagé entre 2008 et 2010. Et c'est par un pont-passerelle d'une longueur de 700 m qu'ils rejoindront le rocher, soit à pied, soit en navette, les concepteurs du projet ayant pour objectif de transformer le trajet en une quiète promenade. Et c'est seulement une fois tous ces ouvrages accomplis que la route actuelle sera détruite, en 2012.
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