
« Créateurs de sentiers ; c'est l'esprit du Finistère. Rien ne nous résiste ! » On l'aura compris : les randonneurs finistériens sont des gens motivés. Ils ne sont que 2.000 licenciés. Mais ça arrache sec dès qu'il s'agit de créer, d'entretenir ou de modifier un sentier.
« En 1993, on a fait la section Tréglonou-Plouvien (8 km) en une journée ; il faut dire qu'on était 320 et qu'on était déjà bien rodés », raconte Raymond Chevallier, président du comité départemental de randonnée du Finistère. Depuis, les chantiers se sont multipliés. Et le sentier littoral doit beaucoup aux randonneurs. Idem pour l'entretien : « La surveillance est constante. Notre souci est que le balisage soit irréprochable. Dès qu'il y a un problème, on essaie d'y remédier rapidement ; sinon, il faut refaire le balisage tous les deux ans ». Pour autant pas question de jouer les bulldozers : « On ne fait rien sans l'aval des collectivités. On est parti du principe que les communes rurales n'ont pas les moyens d'appliquer la servitude du littoral. On leur donne donc un coup de main pour tout ce qui peut être fait manuellement ; ce qui est souvent le cas, les chemins n'étant pas toujours facilement accessibles ».
Pas question, non plus, d'intervenir sans l'accord des propriétaires privés. Ainsi, à Guimaëc. E la suite d'un affaissement, le sentier côtier devenait dangereux : « Il a fallu créer un sentier en retrait chez un particulier. Il nous a autorisés à débroussailler, à refaire l'assise du sentier et les emmarchements. Puis, on s'est aperçu que des sources jaillissaient de partout. Qu'à cela ne tienne, nous avons construit des passerelles. Le travail a été réalisé en trois jours par les équipes de Brest et de Morlaix ». Sur ces chantiers, toutes les bonnes volontés sont les bienvenues : « Chacun a sa place. Les uns sont à la faucille, à la tronçonneuse ou à la débroussailleuse tandis que les autres font du feu, du terrassement ou les passerelles ». Quel que soit le poste, l'ambiance est assurée : « Ce n'est jamais triste. De plus, les gens sont fiers de créer ou d'entretenir les chemins ; cela devient leur sentier ».
Cette année, les Finistériens ont décidé d'aller encore plus loin en travaillant, non seulement sur les sentiers, mais aussi sur leur environnement immédiat : « On pense proposer notre aide, par exemple, pour éradiquer la ravenelle, une plante qui envahit et détruit les dunes. On a aussi un projet sur le Cap de la Chèvre, qui est classé Natura 2000. Si on ne fait rien contre les pins maritimes, on ne pourra pas conserver son état de lande ». Ne parlons donc plus de randonneur mais de « randonn'acteur » de l'environnement.
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