
Faut-il se sentir rassuré lorsque l’on se promène dans les Monts d’Arrée, du côté de Brennilis ? C’est ici que s'étend le "Yeun Ellez", un vaste espace que la légende bretonne dit constituer les "Portes de l’enfer", l’Ellez ayant la triste réputation d’être la rivière des damnés.
Le paysage modifié depuis l'implantation de la centrale nucléaire, en 1937, se pare aujourd'hui de la retenue d'eau du barrage de Nestavel. Autrefois, seules les landes désertiques donnaient toute sa dimension sauvage à cette cuvette particulièrement humide. "Le Youdig" (petite bouillie) montre bien par son nom la dangerosité des lieux.
Le trajet se faisait dans une ambiance à la fois tendue et solennelle.
L'affaire n'était pas une partie de plaisir, le chien ou revenant se débattant à chaque pas de plus belle. Mieux valait de plus regarder où poser ses pieds, chaque fondrière recelant les dangers d'une chute maligne. Le recteur, pour accomplir sa tâche, devait alors passer son étole autour du cou du chien noir et le précipiter dans le marais des Portes de l'Enfer.
C'est seulement à partir de cet instant que la paix revenait.