Boisson. Le mariage de la bière et du lait...

« Bloqué par les quotas laitiers » , un ex-éleveur breton a inventé et tente de commercialiser une bière au lait, qui allie les bienfaits du lait fermenté au goût et à la couleur du malt.

« L ’idée de produire de l’alcool à partir du lait, ça a d’ abord choqué tout le monde » , s’ amuse Marcel Besnard, l’ inventeur de Lactiwel. Mais « à l ’ heure où les producteurs sont dans la rue à cause de la baisse des prix » , ce « nouveau produit pourrait contribuer à revaloriser la filière laitière » , ajoute cet homme de 55 ans. Depuis trente ans, l e lait est « une passion » pour Marcel Besnard . « J’ ai passé un BTS d ’ industrie laitière en 1975, et depuis, même si j’ ai changé de métier pour l ’ informatique, j ’ ai continué à réfléchir sur le lait » , explique-t-il. En 1992, il fait ainsi breveter une technique pour influencer la teneur du lait de ses vaches en acides gras insaturés, les fameux oméga 3, 6 et 9. En 2003, il lance des essais de fermentation du lait selon un processus qui reprend, à quelques détails près, celui de la bière. Il s ’ appuie pour cela sur les bactéries lactiques et de s levures spécifiques contenus dans le kéfir, boisson traditionnelle au Moyen-Orient, qu ’ il considère comme « un des meilleurs probiotiques » , ces micro-organismes vivants réputés bons pour la santé.

« Aliment santé »

Ce concept « d' aliment santé » pourrait d’ ailleurs, selon lui, devenir l’ un des principaux arguments de promotion de la Lactiwel. Le brasseur avoue tout de même qu ’ avec 2 % d ’ alcool, il sera probablement difficile de contourner la loi Evin sur la publicité. Marcel Besnard fabrique sa bière au lait de manière quasi « secrète » , à petite échelle, dans une « brasserie expérimentale » . Composé à 75 % de lait et à 25 % de malt, Lactiwel se vend aujourd ’ hui à hauteur de « 300 bouteilles de 75 cl par semaine, dans de petits magasins, des festivals et sur quelques marchés » . A ce stade, le brasseur ne cherche pas à produire plus, car « c ’ est trop coûteux » , mais cherche un partenaire pour fabriquer sa bière à plus grande échelle et atteindre la grande distribution. Il est aidé, en cela, par le prix Isogone, récompensant les meilleures innovations des entreprises agroalimentaires bretonnes, qui lui a offert une « véritable reconnaissance professionnelle » . M. Besnard suit parallèlement une autre piste, celle de la valorisation des protéines de lait, inutilisées une fois la bière élaborée. « Une restauratrice de la région finalise une recette de pâtisserie » , qui intéresserait un groupe agroalimentaire. 

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