Des poissons de 100 ans dans nos assiettes

Les poissons des grandes profondeurs offrent un nouveau débouché à la pêche française, même si cela reste marginal ! Petit voyage au pays du grenadier et de l’empereur.

A la fin des années 1980, les Français ont trouvé de nouvelles espèces sur l'étal de leur poissonnier. Grenadier et empereur se présentent en filets pour ne pas effrayer le consommateur par leur apparence déroutante.

Entre 750 et 1.500 mètres

  • La forme de l'empereur reste celle d'un poisson classique, d'un beau rouge vif, même si sa gueule n'est guère sympathique. En revanche, le grenadier, avec sa queue de rat, sa voilure étant fort abîmée dans les chaluts, n'aurait certainement pas franchi le panier de la ménagère autrement qu'en filet. « Un empereur a été pêché pour la première fois lors d'une campagne scientifique en 1860 aux Açores, qui n'est pas une zone d'exploitation aujourd'hui puisque ce poisson se trouve surtout dans l'hémisphère Sud.
  • "Le grenadier est pêché plutôt en Atlantique Nord", explique Pascal Lorance qui a présenté les espèces rencontrées entre 750 et 1.500 mètres de fond.

A cette profondeur, la lumière n'est plus décelable pour l'?il humain, mais les gros yeux de ces poissons captent de faibles intensités. "Dans les profondeurs, les phénomènes de bioluminescence sont fréquents : certains crustacés, poissons ou planctons émettent de la lumière captée par un prédateur, comme l'empereur qui se nourrit notamment de grosses crevettes, calmars ou poissons. Mais on est loin de tout savoir sur ces espèces ».

Un peu plus de 3 % du total pêché en France

Les Français ont été les pionniers de cette pêche qui ne représente cependant que 20.000 tonnes par an, pour un total de prise de près de 600.000 tonnes en 2001 en France, soit un peu plus de 3 %. Depuis 2003, cette pêche est encadrée par des quotas fixés jusqu'en 2004 dans les eaux européennes.

  • Les bateaux doivent accueillir des scientifiques observateurs et débarquer leur pêche dans des ports désignés, en l'occurrence Boulogne, Concarneau et Lorient. Dans le passé, on a vu certaines zones de pêches de poissons des profondeurs se développer à toute allure et s'épuiser tout aussi rapidement. « Il est important de ménager cette ressource qui est pêchée au chalut en haute mer. Le taux de prélèvement ne doit pas être supérieur aux capacités de renouvellement des populations ».

Or ces poissons vivent très vieux et sont peu productifs. Il faut 20 à 30 ans pour qu'un empereur arrive à une première maturité, et il vit 125 ans voire plus. Pour le grenadier, la maturité se situe à 14 ans, sa longévité est de 60 ans et plus.

Adapter les prélèvements aux ressources

« Mais ce n'est pas parce qu'un poisson vit vieux que l'on ne peut pas l'exploiter de façon durable. Il faut simplement adapter les prélèvements et certaines zones sont en voie de gestion durable ». Dans les chaluts, les pêcheurs ramènent cependant aussi des espèces non comestibles, comme ce malheureux alepocephalus, dont la chair gorgée d'eau n'est vraiment pas présentable. Dans certains secteurs, il peut représenter jusqu'à la moitié des captures et il est toujours rejeté à la mer.

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Pratique

Les espèces courantes en Bretagne

  • Bar
  • Cabillaud
  • Daurade 
  • Empereur
  • Grenadier
  • Julienne
  • Lieu jaune ou noir
  • Limande-sole
  • Lotte
  • Maquereau
  • Morue
  • Raie 
  • Rouget-barbet
  • Roussette
  • Sabre
  • Sandre
  • Sardine
  • Saumon
  • Sole
  • Saint-Pierre
  • Thon blanc ou rouge
  • Truite
  • Turbot
  • Vieille...

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