
Les poissons des grandes profondeurs offrent un nouveau débouché à la pêche française, même si cela reste marginal ! Petit voyage au pays du grenadier et de l’empereur.
A la fin des années 1980, les Français ont trouvé de nouvelles espèces sur l'étal de leur poissonnier. Grenadier et empereur se présentent en filets pour ne pas effrayer le consommateur par leur apparence déroutante.
A cette profondeur, la lumière n'est plus décelable pour l'?il humain, mais les gros yeux de ces poissons captent de faibles intensités. "Dans les profondeurs, les phénomènes de bioluminescence sont fréquents : certains crustacés, poissons ou planctons émettent de la lumière captée par un prédateur, comme l'empereur qui se nourrit notamment de grosses crevettes, calmars ou poissons. Mais on est loin de tout savoir sur ces espèces ».
Les Français ont été les pionniers de cette pêche qui ne représente cependant que 20.000 tonnes par an, pour un total de prise de près de 600.000 tonnes en 2001 en France, soit un peu plus de 3 %. Depuis 2003, cette pêche est encadrée par des quotas fixés jusqu'en 2004 dans les eaux européennes.
Or ces poissons vivent très vieux et sont peu productifs. Il faut 20 à 30 ans pour qu'un empereur arrive à une première maturité, et il vit 125 ans voire plus. Pour le grenadier, la maturité se situe à 14 ans, sa longévité est de 60 ans et plus.
« Mais ce n'est pas parce qu'un poisson vit vieux que l'on ne peut pas l'exploiter de façon durable. Il faut simplement adapter les prélèvements et certaines zones sont en voie de gestion durable ». Dans les chaluts, les pêcheurs ramènent cependant aussi des espèces non comestibles, comme ce malheureux alepocephalus, dont la chair gorgée d'eau n'est vraiment pas présentable. Dans certains secteurs, il peut représenter jusqu'à la moitié des captures et il est toujours rejeté à la mer.
Les espèces courantes en Bretagne