Seafood : Des écolabels pour une pêche durable.

Lentement, mais sûrement, les écolabels dans la pêche tracent leurs chemins. Une étape importante a été franchie cette semaine dans les allées du salon international des produits de la mer, le Seafood à Bruxelles. Sous l'égide de l'Ofimer et avec Intermarché comme chef de file, les armements cultivent leur conscience environnementaliste.

C'est dans l'air du temps. Michel Peltier, directeur de l'OFIMER (*) le reconnaît volontiers. La mise en place d'Ecolabels, de certification d'une pêche responsable et durable est un sujet mûr. La question a ressurgi dans les allées du Seafood à Bruxelles mercredi, à l'occasion d'une réunion entre les trois armements concernés : la Scapêche à Lorient (Intermarché), Euronord à Boulogne et la Compagnie des Pêches à Saint-Malo.

D'abord le lieu noir

« Il y a eu la bataille pour les poissons de grands fonds, le thon rouge, le pacte écologique de Nicolas Hulot. Le contexte médiatique a changé », affirme Michel Peltier, dans le brouhaha du stand de l'Ofimer sur le Seafood. « La FAO en parle depuis 95, la commission était à la traîne sur le sujet. Il est temps de lui présenter un dossier. » C'est donc sous son égide que les trois armements travaillent actuellement à mettre sur pied un écolabel sur le lieu noir. « Nos trois armements pêchent le lieu noir », explique Cécile Zannoni, chargée du développement durable au sein de la Scapêche. C'est un stock en bonne santé. Il nous sert à mettre en place la démarche. Nous espérons ensuite le décliner sur toutes les autres espèces. » Le sujet a été évoqué la semaine dernière, à l'occasion du conseil des ministres des pêches. Décision a été prise d'élaborer au niveau de l'Europe bleue, non pas un écolabel européen, mais un cadre minimum, pour permettre aux armements d'avancer dans leur démarche. l'Ofimer coordonnera, animera et financera le projet. Bras armé de cette réflexion, les deux pôles de compétitivité Boulonnais et breton. Le Pôle Mer Bretagne et le pôle halieutique de Boulogne vont se voir confier une étude pour définir les critères. L'enjeu, pour la filière française étant d'avoir un écolabel de qualité, tout en étant supportable par les armements.

Cahier des charge

Sur ce chemin, la Scapêche fait figure de précurseur. Depuis trois ans, les Mousquetaires ont mis sur pied une certification sur la légine, pêchée par leur palangrier, l'Ile de la Réunion, dans le sud de l'Océan Indien. Une certification « pêche durable » accordée par le bureau Véritas, au vu d'un cahier des charges. Ces mêmes critères vont être repris pour le lieu noir : respect de la ressource, de l'environnement, une politique sociale et bien sûr la qualité sanitaire et gustative des poissons.

Convention le 15 mai

Le 15 mai, sera signée la convention qui liera les trois armements, les deux pôles de compétitivité et l'Ofimer. Coût de l'étude : 50.000 €. Au programme : diagnostic des armements, audit des bateaux, critères d'évaluation. « S'il ne change pas leur image, les pêcheurs sont morts », analyse Michel Peltier.

(*) Office National Interprofessionnel des Produits de la mer et de l'Aquaculture

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