Rade de Brest : Térénez retrouve la liberté

Depuis 45 ans, le site littoral de Térénez, à l'entrée nord de la presqu'île de Crozon, est totalement interdit d'accès. Cette portion de côte abrite un gigantesque dépôt souterrain de munitions de la Marine. Récemment désactivé, le site a été mis en vente à 150.000 €. La commune de Rosnoën vient de décider de s'en porter acquéreur et bouillonne déjà d'idées pour reconvertir ce site, idéalement placé.

Combien de plaisanciers ou de randonneurs ont pesté de ne pouvoir accéder, par mer ou à pied, à cette magnifique anse abritée à l'embouchure de l'Aulne, ce royaume d'oiseaux marins qui fait face à la pointe de l'abbaye de Landévennec, le cimetière de bateaux en toile de fond ?

Tout est déjà là...

Qu'ils se réjouissent. Le site de Térénez, propriété de la Marine depuis 1962, va revenir dans le giron collectif, celui du territoire communal de Rosnoën. Pour la somme quasi symbolique de 150.000 ?, puisque c'est l'équivalent de 30 M? qui avaient été injectés dans la construction du site, avec des fonds de l'Otan. Petit à petit, l'Armée ferme, en effet, ses sites pyrotechniques, les nouvelles technologies ayant largement supplanté la poudre dans l'armement militaire. Le maire de Rosnoën (900 habitants), Gérard Viard, était à l'affût depuis longtemps. « Dès que j'ai su que Térénez, désactivé depuis deux ans, était à vendre, j'ai levé le doigt. Et, jeudi, mon conseil municipal a suivi ». Sur place, embrassant d'un geste ce paysage unique, il s'enflamme. « C'est une chance de développement formidable pour Rosnoën. Pour reconvertir le site, il n'y aura pas besoin d'énormément de moyens. Regardez, tout est déjà là... ».

Un appontement en eau profonde

Force est de constater qu'un peu d'imagination (et de subventions ?) suffirait à transfigurer Térénez. La Marine y a construit un solide appontement en eau profonde, toujours en état, qui ferait l'affaire de vedettes à passagers ou de vieux gréements. De part et d'autre, des enrochements artificiels tout aussi costauds forment deux jolies criques, qui pourraient accueillir des mouillages, des pontons. En contrebas de la Départementale, une route bitumée dessert cette installation, d'ores et déjà dotée de l'alimentation en eau et électricité et de l'assainissement. Plusieurs bâtiments pourraient se reconvertir sans trop de travaux en ateliers, bureaux ou école de voile. Une maison d'habitation, les pieds dans l'eau, pourrait devenir un restaurant panoramique. Mais le « clou », ce sont les cinq immenses galeries de 2.500 m³ creusées dans la colline, qui abritèrent quelque 400 tonnes de munitions, de mines défensives en particulier. Chacune est ventilée, éclairée et une protection incendie digne de sa vocation pyrotechnique est encore en place. Enfin, le site est entièrement sécurisé par des grilles, des alarmes.

Préserver la beauté du site

« Nous avons déjà plusieurs propositions de projets, dont certaines très concrètes dans les domaines de la pêche et de la mécanique marine », assure Gérard Viard, qui a mandaté un cabinet d'experts pour une étude globale d'aménagement. « Un groupement sera chargé de porter ce projet, avec deux conditions, appuie-t-il. Que les habitants de Rosnoën soient impliqués et que tout se fasse dans le respect de l'environnement. Il faut que le site garde sa beauté sauvage. Nous y tenons ».

Autres articles sur : Actualités

Thalassa à la Semaine du Golfe.

Pour accompagner la Semaine du Golfe, le magazine Thalassa, a mis hier le cap sur l'Ile-aux-Moines. Georges Pernoud...

La déferlante de Sein

La mésaventure du bateau Enez Sun III, frappé par une déferlante samedi près de l'île de Sein n'est pas due à des c...

Tempête : Trois morts en Bretagne

Deux plongeurs et un plaisancier se sont noyés hier, en Bretagne, surpris par le mauvais temps qui sévit sur les cô...

Bretagne.com | Le Studio T | eZ publish™